A la loupe : La Chine investit dans son voisinage

L’explosion que connaît la Chine tous azimuts, se traduit aussi par l’ouverture des frontières : pour influencer ses voisins, faire de leurs territoire son hinterland, il faut des routes et postes frontières. Comme on verra, la Chine y travaille, à toute vapeur !

 Au Sud-Ouest, Qiangba Puncog, Président du territoire du Tibet signe à Lhassa avec 7 diplomates indiens la réouverture au 30/6 de la route de Nathu-La (4.545m, Lhassa-Calcutta, 1010km). C’était l’axe des échanges sino-indiens en 1900, fermé depuis la guerre en 1962. Sans attendre, le marché de Yadong, au col, s’y est informellement rouvert, drainant 5.000 frontaliers et 450.000$ de chiffre. Delhi vient d’établir sa liste de 28 produits autorisés à l’export : textiles, aliments. La réouverture aidera le commerce bilatéral à franchir les 20MM$ – contre 19MM$ en 2005 !

NB : cette route rencontre côté indien un problème de démocratie, que la Chine ne connaît pas : deux peuplades dont les territoires sont traversés par la route,  protestent qu’elle tuera leur culture et leur économie!

Au Nord-Ouest, Hamid Karzai le Président afghan rencontre à Pékin Hu Jintao (18-21/06), et signe entre leurs pays un traité d’amitié et 15 accords de coopé (militaire, agricole, touristique, formation de 200 cadres etc.). Pékin octroie 8M² d’assistance, et un tarif douanier « zéro » au 1/07pour 278 produits afghans. Mais surtout, une petite phrase de Karzai résonne : L’Afghanistan devrait servir de « plaque tournante des échanges entre Chine, Iran et Turkménistan!».

Au Sud-Est, au Vietnam, autre zone d’influence bataillée entre USA et Chine, Hanoi et Pékin posent la 1ère pierre d’un pont de 300m de long à Kim Thanh sur la Rivière rouge frontalière. L’objectif avoué est d’ajouter, d’ici 2010, près de 2MM$ aux échanges (de 8,3MM$ en 2005), moyennant 25$ d’investissements supportés paritairement.  Le pont sera ouvert fin 2007.

NB : comme les Indiens au Tibet, Karzai a été invité au Xinjiang. Deux régions traditionnellement instables et sous contrôle rapproché. Que Pékin laisse les voisins directs s’y rendre, est preuve de confiance, dans la région comme dans le voisin, sur la solidité de son ordre. Ou a tout le moins, un goût du pari  – le retour à une vie normale s’esquisse !

 

 

 

 

 

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