— 3ème et plus jeune aéroport du Toit du monde, Nyingchi illustre une politique chinoise d’investissements massifs au Tibet pour le désenclaver, y compris sous l’angle des affaires.
Politique également illustrée par l’ouverture du chemin de fer à 7MM$, Golmud-Lhassa, le plus haut du monde (5000m), dont l’intérêt touristique semble vif. Situé à 400 km de Lhassa, à la frontière avec la Birmanie et l’Inde, l’aéroport ouvre en juillet. Il aura fallu 21 mois pour mener à bien ces tra-vaux. Les 78M² nécessaires ont eu pour investisseur principal la CAAC, tutelle de l’aviation civile. Cet ouvrage a une vocation touristique, du fait de son altitude plus clémente, 2.949m, contre 3.650m à Lhassa et Qamdo.
Et aussi, en raison du canyon de Yarlung Zampo, un des plus beaux, profonds et longs du monde, dont l’exploitation commerciale va commencer.
NB : Le Tibet est très en vogue. En 2004, ils étaient 1,22M à faire le voyage, dont 3.200 étrangers. Pékin en attend 120.000 passagers (soit 10% de plus) – à terme !
— « Comme membre de cette industrie (celle les machines lourdes), nous ne souhaitons pas voir abîmée notre souveraineté naionale».
C’est Xiang, patron de Sany, qui jaillit comme diable en boîte pour reprendre Xugong, le n°1 national (hors étranger) en mauvaise passe, cédé par la mairie de Xuzhou (Jiangsu).
Carlysle, le repreneur champion des reprises hypothécaires, offre 375M$ pour 85% des parts. Depuis oct. 2005, il attend l’accord d’une NDRC (Commission de développement et de recherche) probablement divisée et hésitante à l’idée d’une reprise pour revente 5 ans plus tard.
De là à penser que l’offre concurrente serait téléguidée, il n’y a qu’un pas. En tout cas, Xugong elle-même s’interroge sur la capacité de Sany, trois fois plus petit qu’elle, à offrir, selon Xiang, « 30% de plus que Carlysle». De toute manière, il n’y a pas que l’argent : Carlyle investit, comme part d’un plan de sauvetage, qui inclut aussi une injection forcée de savoir-faire importé. Sany n’aurait pas cette chance. Voila pourquoi (15/06) Wang Yansong, vice PDG de Xugong freine des 4 fers. Coincée entre l’Etat et le business, sa caisse et sa tutelle, la mairie n’intervient pas et compte les points.
Sommaire N° 22