Montée en vapeur pour Alstom qui lance le 9/06 à Pékin sa dernière usine ABP de turbines-génératrices.
Alstom se fait logiquement épauler de BZD, poids lourd pékinois du secteur, qui assume 40% de la JV de 100M$. L’usine sur 35.000m² vise une production de 6 à 8 ensembles turbines-génératrices d’une capacité de 600MW, ce qui correspondrait à 15% du marché chinois, si toute la production était écoulée sur place.
Mais Alstom, à ce stade de son implantation en Chine, peut se permettre de viser l’export de turbines coproduites par son réseau mondial, entre Belfort et la Pologne, et de spécialiser ses usines, lui assurant des marchés inaccessibles depuis la France, en faisant valoir son avance technique et ses prix globalisés.
En tout cas, cette usine pékinoise à Shijingshan comble un vide pour le groupe qui tient : 24% du marché chinois en hydroélectricité (notamment grâce au barrage des Trois Gorges), 50% dans le nucléaire (équipement conventionnel), mais ne disposait que de 10% du marché thermique -le plus important en volume, dans lequel la Chine revendiquait en 2004, 70% des commandes mondiales. Avec ABP, voilà Alstom assuré de doubler son marché chinois !
D’autres projets sont en l’air, comme la réhabilitation (dans un sens environnemental) de10ainesde centrales de taille intermédiaire, responsables majeures de la dégradation de l’air.
En charbon propre, Alstom a un autre fer au chaud : la centrale à lit fluidisé circulant, qui accède à sa capacité maximale de 600MW, et est compétitive pour le charbon à forte teneur en soufre, commun en Chine. Une technique qui fera sa place avant 2020, alors que la Chine, consommant 3MMt de houille, rêvera au ciel bleu !
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