Editorial : Recherche & Développement: un plan de salut public !

Les 9-11/01 ont vu à Pékin la conférence nationale sur l’innovation : meeting suivi par 1000 cadres du Gotha politique et industriel, 4ème du genre depuis 1949.

Chen Jinpei, vice ministre  des sciences et des technologies résuma l’enjeu :  « sans stratégie d’innovation, la Chine ne sera pas leader technologique mondial » !

Deng Nan, fille de Deng Xiaoping, Présidente de la CAST (Académie chinoise de Technologie spatiale) dénonça le retard en Recherche & Développement : les compagnies chinoises ont 30 fois moins de brevets que celles des US, et 99% n’en déposent pas : 80% des brevets locaux sont déposés par l’étranger. 50% de la technologie utilisée est empruntée, 60% des équipements importés. 20 à 30% du produit des ventes de GSM ou d’ordinateurs repartent en royalties.

La Chine n’investit en R&D que 1,23% du PIB , contre plus de 2% aux pays riches – mais l’effort a doublé en 5 ans. L’usine chinoise n’utilise que 6 à 7% de robots, bien moins qu’ailleurs. Même si, en 2006, 29MM$ de robots devraient être vendus (+15%)… Le plus gros retard est dans les sciences de la vie, et dans l’intégration. La Chine va mieux en métallurgie, cristallogenèse, informatique, astrophysique ou nanotechnologie. Pour rattraper, Hu Jintao et Wen Jiabao annoncent un plan sur 15 ans, de la CAST, avec tous les corps de l’Etat

A l’instar du Japon 40 ans en arrière, Pékin choisit ses filières : conservation de l’eau et de l’énergie, systèmes anti-pollution et de défense, robots, équipements et matériaux composites, biotechnologies, espace, mer, aéronautique et sciences «frontières».

Vaste programme, doté de plusieurs outils : Le ministère des finances

[1] paiera des 10aines de MM$ en subventions, et

[2] taxera l’im-port d’équipements complets, au profit des cellules et éléments-clé favorisant la délocalisation.

[3] Les jeunes formés en Occident seront (davantage) encouragés à revenir. Les quasi-3M de diplômés locaux /an seront at-tirés vers la recherche.

[4] Tandis que le régime veut faire reculer le piratage intellectuel—cette fois, pour raisons internes !

A 1ère vue, voici un plan ambitieux, pour s’affranchir de la dangereuse dépendance technologique. Mais dans l’analyse, deux points – politiques, bien sûr- manquent à l’appel :

– La R&D traîne les pieds en Chine, faute de liberté. Surtout dans ses 1000 universités qui ignorent l’art du débat, et confient la recherche aux mandarins. Or, avec une politique de subvention, ce travers sera renforcé.

– Le plan compte sur le privé pour relancer  la R&D. Mais les grands groupes, seuls capables de mener une recherche cohérente, sont à 98% publics.

Autrement dit, l’Etat veut faire de la R&D, mais aussi, faire l’impasse sur la cause pre-mière du mal—l’absence de démocratie !  

 

 

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