Entre les hauts cadres nippon Sasae et chinois Cui Tiankai, les palabres du 9/01 n’ont abouti ni sur le contentieux du forage pétrolier en des eaux revendiquées par les 2 pays, ni sur les visites du Premier ministre Koizumi au temple de Yasukuni où gisent 14 criminels de guerre. Non plus sur l’allégation par Tokyo du suicide d’un de ses diplomates en 2004 à Shanghai, victime d’un chantage par l’espionnage chinois. Shinzo Abe, dauphin désigné de Koizumi comme Premier ministre à l’automne, enfonce le clou en soutenant les thèses de son patron.
Ceci n’empêche l’opinion nippone, milieux d’affaires surtout, de s’inquiéter des suites de cette crise sur des échanges en hausse foudroyante –184MM$ en 2005. Discrètement, Pékin, Tokyo s’entendent sur des relations minimales : sur l’affaire de la Corée du Nord. Lundi, ils sont tombés d’ accord contre le concept US de punir Pyongyang, pour des affaires de blanchiment d’argent…
Détail symbolique : un Cantonais de 17ans est invité au Japon pour y apprendre le Baseball… Mini-signe (printemps en hiver), mais qui ne trompe pas, sur la volonté commune d’enrayer le dérapage !
A Taiwan, c’est plus clair.
Écrasé au scrutin de décembre 2005, Chen Shui-bian, Président autonomiste (DPP) a perdu la bataille d’une séparation en laquelle l’opinion ne croit plus, et s’apprête à vivre ses deux dernières années en camp retranché. Son dernier «dada de bataille» un peu dérisoire : bloquer l’invasion maritime de la contrebande au 春节 chunjie (29/1)! Ma Ying-jeou, Président du KMT (Kuo Min Tang), maire de Taibei, le grand vainqueur, s’apprête à faire voter par sa majorité au Yuan législatif le rétablissement des liens maritimes et aériens avec le continent. Comble d’humour noir, il menace, en cas d’obstruction, d’employer le référendum, levier que Chen pensait manier pour imposer l’indépendance…
Ce que ces succès chinois expriment, sur le fond : le recul de l’influence américaine, la montée de sa force centripète commerciale — et la patte dine de Hu Jintao !
Sommaire N° 2