— En avril 2005, des troubles s’étaient produits à Dongyang (Zhejiang) : contre le maintien de 13 usines illégales, plombant leurs récoltes et leurs enfants, 200 vieilles femmes en sit-in depuis 15 jours, avaient été tabassées par des policiers, ensuite mis en fuite par 20.000 paysans.
Huit mois plus tard—délai court pour la justice chinoise, la réponse tombe, jugement de Salomon.
Côté administration, un nombre de cadres fut limogé (31/12), dont le maire et le secrétaire du Parti de Dongyang, pour«incapacité à préserver l’harmonie sociale». Le 9/01 (soit après, pas avant!) huit villageois sont condamnés, plutôt légèrement (4 à la prison + sursis, prison pour les autres – 5 ans au pire). Un « mouton » est relaxé.
Punir des 2 côtés, est un acte nouveau en Chine, où d’ordinaire, la loi est l’expression des actes des puissants. On y reconnaît, déjà, la griffe de Hu Jintao, et peut-être une recette de potion sociale, pour contenir l’exaspé-ration montante de part et d’autre, sous une ombrelle nouvelle et frêle — un vernis de loi !
— Visite couleur de muraille de Chine pour Kim Jong- Il, le cher leader nord-coréen, qui franchit le 10/1 la Yalu à Dangdong (Liaoning) à bord de son train privé, genre Dragon Express (signe du pouvoir hérité de son père Kim Il-Sung le Grand leader).
Il était signalé le 11/01 à Shanghai, qu’il connaît déjà d’un précédent voyage. Il poursuivait sur Canton, pour parachever sa découverte de la réforme économique. Pour ajouter du mystère, débarquait à Pékin (12/1) Christopher Hill, le négociateur US pour la Corée du Nord, en provenance de Tokyo, où il avait convenu avec ses hôtes une reprise rapide du sommet à six, avec Chine, Corée du Sud, Russie, et Pyongyang. La main sur le coeur, Hill jurait n’avoir aucun plan de rencontrer le cher leader.
A Canton, le gouvernement avait déjà fait évacuer jusqu’au 16 l’hôtel White Swan, avec toutes les apparences d’y tenir un meeting direct sino-US : sous réserve d’inventaire, un tel face à face entre « l’axe du mal coréen » et le « loup impérialiste yankee» était la pièce manquante au puzzle de l’introuvable paix!
— L’Iran du bouillant Président Ahmadinejad a sauté le pas (12/01) en reprenant sa course à la bombe: levant un front du refus international. Le 16/01 à Londres, Russie, US, Chine et l’Union Européenne tentent de répliquer, compte à rebours à des sanctions. Pour la Chine, s’associer à la démarche ne va pas de soi, face à un vieil allié, dont elle guigne le pétrole. Mais cette fois, l’initiative vient de l’Union Européenne. La Chine aime aussi apparaître une puissance mondiale en voie de responsabilisation. Tout en donnant à Téhéran, en douceur, le signe de se dégager à temps de cette voie sans issue. La minute de vérité, pour Pékin (et Moscou) viendra lors du vote de sanctions! En tout cas, cette collaboration avec l’Ouest, met Pékin en bonne position pour négocier, les 17-18/01 à Canberra, l’import d’uranium australien moyennant une clause de non-revente à des Etats voyous!
Sommaire N° 2