A la loupe : Guerre publique contre divers vices

Evoquée dans le Vent de la Chine n°11, la campagne contre les triades prend de l’ampleur.

Nous parlions alors de frappes au Sud (Wuhan, Shenzhen). Mais clairement, la guerre est partout, surprenante après 5 ans de silence. A Pékin depuis mars, 20 gangs démantelés, 200 gangsters arrêtés, qui écumaient marchés, bars, restos. A Shanghai, 103 bandits jugés pour 29 affaires – drogue, viol, prostitution, meurtre. Un 1er convoi de verdicts est rendu (11/3), de 4 et demi à  20 ans. A Loudi (Hunan), 98 truands comparaissent avec leur parrain de 34 ans, Liu Junyong, défendus par 70 avocats. Clairement en 6 ans, cette mala vita a gagné du terrain, nécessitant un désherbage, sans espoir de victoire, vu les ramifications de la pieuvre dans l’Etat.

Indispensable pour cause de JO de Pékin, un volet de la campagne est encore plus aléatoire : celui contre les paris sur le football, à travers des cercles clandestins ou sur la toile. Il s’agit de restaurer la confiance et détourner les spectateurs du championnat d’Angleterre, vers la Super Ligue chinoise sifflée et boudée. Ce trafic pourrait concerner des 10aines de M$/semaine. Eradiquer ces réseaux est impossible, vu la complicité des joueurs et des arbitres (les «sifflets noirs»), voire des politiciens locaux, et le lien par internet avec Taiwan  et l’étranger, pour des paris sur des clubs sans histoire comme le FC La Louvière (Belgique).

Par une directive du 7/4, Pékin tente aussi d’enrayer une autre fraude, aux TRA (techniques de reproduction assistée). Ce document rappelle le nom des 7 banques de sperme et des 64 centres autorisés à la FIV in vitro et à l’insémination artificielle. Des 100aines d’autres leur font concurrence, permettant aux gens de contourner la loi d’un enfant par couple urbain -car la fécondation in vitro engendre triplés ou quadruplés -à  10.000² !

Enfin, la Chine veut calmer le jeu en ligne, marché où 30M de fans payaient 500M$ l’an passé (tel «World of Warcraft», de Vivendi (cf p.2). Pékin voudrait que les jeunes évitent de s’y abrutir: Il se lance dans une action coûteuse pour enregistrer chaque joueur, et limiter son temps de jeu à 3heures. Peine perdue, car vieux jeu : cela fait bien 20 ans que l’Etat se retrouve banni de la gestion des loisirs individuels, par les citoyens qui montent en éducation et s’enrichissent !  

 

 

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