— Dans la course au marché chinois, mis à part les géants étrangers tels Carrefour, l’avenir est peut-être moins dans les clones publics comme Hualian que l’Etat tente d’imposer par fusions, qu’en des chaînes privées, dont Gome est l’archétype.
Créé par Huang Guanyu en 1986, ce n°1 de l’électroménager gère 144 surfaces, et obtenait en 2004 des profits de 59M$ (+176%). De ceux ci, la moitié sera réinvestie en un quasi-doublement des magasins, dont 130 doivent naître en 2005, entre Pékin, Tianjin, Shenzhen et 600 villes de + de 0,5M d’âmes. Le financement se fera sur fonds propres : la banque, à 5% d’intérêt, est trop chère! L’accent est mis sur les boutiques “digitales” (télécom+PC, 99% du chiffre d’affaires). Huang Guanyu, 2ème fortune chinoise (1,3 MM$) table sur une croissance du marché de 11,4% en 2005, et un triplement de sa part du marché national à 15% sous 3 ans.
— Okay Air, au capital de 36M$, est la première compagnie aérienne chinoise privée.
Pour son vol inaugural (11 /3), elle vient de relier Tianjin, son port d’attache à Kunming (Yunnan) via Changsha (Hunan), à bord de son unique appareil, un B-737-900 loué à Korean Airlines. C’est l’arrivée du transport low cost en RPChine.
Mais pourquoi la Chine, qui interdisait hier le privé aérien, se ravise-t-elle (décision avalisée début mars par le Conseil d’Etat)? Simplement car 2004 fut faste pour le secteur (+40% de chiffre), et car le low cost déferle sur l’Asie. Plutôt qu’un transporteur de lignes, Okay fera dans les niches, charter, courrier, service tramp. Déjà nantis de la licence, d’autres candidats piaffent sur le tarmac: Spring Int’l (Shanghai), Eagle (Chengdu), Huaxia (Lanzhou).
Sans parler des étrangers, encore bridés par des plafonds de participation de 49% (JV avec un transporteur local), et 25% (en solitaire). Parmi ceux-ci, le malais AirAsia, déjà actif sur Macao, et sa filiale Thai AirAsia, au feu vert accordé sur Kunming, Chengdu et Xiamen.
Sommaire N° 9