Pol : Zhao Ziyang enterré sous bonne garde

— Après des années de calme en apparence, des frissons agitent la surface des marges occidentales de la Chine.

Tel cet attentat dans un bus à Kuitun (Xinjiang), en pleine fête de l’Aïd (20/1), causant 11 morts. Urumqi précise qu’il ne s’agit pas d’un conflit ethnique: le désespéré voulant se venger de ses patrons, suite à un accident de mine.

La même semaine, au Qinghai, l’administration ferait pression sur le clergé tibétain pour qu’il reconnaisse le jeune Gyaltsen Norbu, réincarnation du Panchen Lama imposé par Pékin -et non celui en semi-liberté, présenté par le Dalai Lama… Enfin, Pékin commue en perpétuité la peine capitale du lama Tenzin Deleg Rimpoche, convaincu de terrorisme, suite à un procès bâclé en 2002.   

— Silence de la presse de bout en bout, pas de funérailles nationales, pas de réévaluation de son jugement par le PCC – le Parti communiste chinois- pour Zhao Ziyang, l’ex-secrétaire général du PCC, décédé à l’âge de 85 ans le 17/1.

Face à l’homme symbole d’une époque,  le régime a maintenu sa ligne. Une répression vive (violences, arrestations, réclusion à domicile) a frappé ceux tentant d’exprimer publiquement le deuil. Mais la famille du disparu a marqué des points en retardant la cérémonie durant 15 jours et en préférant l’absence de nécrologie à une publication qui conservait l’accusation de “graves erreurs”. Sous ces compromis malaisés, une page de l’Histoire se tourne : Zhao fut incinéré le 29/1 au cimetière de Babaoshan, devant beaucoup de policiers et 2000 hôtes, sans Wen Jiabao, son ex-lieutenant, mais en présence de  Tian Jiyun, ex Vice 1er Ministre.

— La réconciliation sino-indienne poursuit ses petits pas, avec le 1er dialogue stratégique (24-25/1) entre les deux géants asiatiques, en marge de la 7ème Conférence sur la Sécurité en Asie.

Un dialogue “sans ordre du jour précis”, qui visait à dépasser le conflit territorial au Cachemire – résiduel de la guerre de 1962, et aussi à renforcer leur coopération anti-terroriste.

Leurs échanges commerciaux ont bondi en 2004, à 13MM$ (contre moins d’1MM$ 10 ans avant).

Les deux capitales échangent les cadeaux politiques : reconnaissance par l’Inde du Tibet chinois (malgré la présence sur son sol du gouvernement du Dalai Lama, avec 300.000 compagnons d’exil), contre celle par Pékin du Sikkim indien (en juin 2003).

Et la Chine sera un allié essentiel, pour offrir à New Delhi le statut convoité depuis des lustres, de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. Face à ces perspectives, et à des problèmes communs comme ceux de leur approvisionnement en pétrole, Wen Jiabao se rendra à New Delhi en mars.

 

 

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