A la loupe : Taiwan: F. Hsieh, acrobate à la barre (fixe)

L’échec du DPP (parti indépendantiste) aux  législatives taiwanaises de décembre 2004, imposait un remaniement ministériel.

Présenté le 25/1 par le Président Chen Shui-bian, il s’avère minime : comme 1er ministre, exit Yu Shyi-kun, entre Frank Hsieh, maire de Kaohsiung, ex-Président du DPP. Majoritaire au Yuan législatif, l’opposition autour du KMT, partisane du dialogue avec Pékin, se voit refuser la tête du cabinet.

Pékin maintient le blocage : aucune embellie n’est à l’ordre du jour. Ni les échanges bilatéraux records en 2004 (70MM$, +34%), ni les 48 vols directs qui franchiront le Détroit durant les 3 semaines du Nouvel An, ne changeront quoi que ce soit : pas de dialogue, sans que Taiwan renonce a priori à sa souveraineté.

Il faut dire qu’avant de s’envoler vers Palau et les îles Salomon (26/1), deux des 25 pays reconnaissant la Chine nationaliste, Chen suggéra qu’en fonction du contenu de la loi «anti-sécession» programmée par Pékin pour mars, Taipei se réservait de lancer, sans délai, son référendum d’indépendance

Au-delà de ces péripéties, la personnalité du nouveau 1er ministre mérite qu’on s’y arrête. Ce militant indépendantiste de la 1ère heure a pris grand soin de se distancier de son Président, afin de garder crédibilité et marge de manoeuvre. Il veut gérer à sa manière les changements de noms d’agences et firmes d’Etat (de « Chine » à « Taiwan »), qui venait de hérisser le pouvoir continental. Il n’a accepté ce mandat de 1er ministre « qu’à condition de disposer d’une latitude pour tisser des liens minimaux avec l’opposition et avec la Chine ». Il s’est surtout gardé d’annoncer trop vite un programme politique qui permettrait de lui coller une étiquette. En bref, il vient pour défendre les intérêts de l’ « île toute entière, fatiguée des querelles intestines ».

Une telle attitude pragmatique et prudente confirme sa réputation de diplomate et tacticien confirmé, alors que le milieu insulaire voit déjà en lui le successeur possible de Chen à la Présidence de la République. Frank Hsieh, au demeurant, est un ex-champion de gymnastique : formation qui lui assure l’ « élasticité » bien nécessaire pour détendre des relations intra et extra insulaires à vif, érodées par le changement des rapports de force économique – l’attraction toujours plus puissante du géant voisin !

 

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