Petit Peuple : Sous-marin vert à Wuhan

Cent ans après l’Occident, la Chine voit déferler une vague d’inventeurs fervents que n’aurait pas renié Jules Verne, tel Li Yuming, paysan de Wuhan (Hubei) qui à 63 ans, bâtit un sous-marin «touristique», avec, pour tout bagage technique, son certificat d’études.

Sa motivation est transparente, presque dissidente : aider «tous les Chinois à  aller voir là-dessous, ce qui s’y passe!»  Lumière de l’aube, son 1er essai – tube d’acier rouillé de 5m de long par 2 m de haut- fut un échec: il ne pouvait plonger plus bas que 20cm. Non découragé, Li se mit à étudier, à investir. Il déposa deux brevets, ruina son vieux père et ses voisins pour payer 1 charpentier, 1 forgeron, 1 soudeur. Mais après des années et 3 rocambolesques tentatives, son petit sous-marin attend toujours pour naviguer, et n’a obtenu, en guise de reconnaissance, que 10 prix ou diplômes douteux, tel celui d’un British int’l scientific Center de Canton qui lui extorqua 1380¥ de prime.

Devenu la risée du village, Li reste ferme comme un roc dans sa foi d’inventeur incompris :

«Peu importe si j’échoue : la jeunesse poursuivra mon oeuvre». Par sa superbe, la réplique fait penser au proverbe 爬 蛄叫种,不上麦子 pa lougu jiao zhong, bu shang maizi, « il ne faut pas laisser de semer par crainte des taupes », version locale de la devise du baron Pierre de Coubertin : « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »!

 

 

 

 

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