La saga du démantèlement du pétrolier Yukos continue, avec ses coups de théâtre incessants.
On en était resté (VdlC n°1/X) à la reprise forcée de 77% de sa filiale Yugansk par le groupe étatique Rosneft, moyennant 9,3MM$, et d’une offre immédiate de la compagnie chinoise CNPC de 6MM$ pour 20% de ces parts. Faute de disposer du cash nécessaire, Rosneft, poulain du Kremlin, était forcé de rétrocéder une partie de son rachat à l’étranger!
La nouvelle vient de Moscou qui dénonce l’offre chinoise, comme «rigide et déraisonnable». En fait, sa critique « au mégaphone » a surtout pour but de faire pression sur la CNPC en annonçant au monde un repreneur concurrent, l’indienne ONCC, qui offre aussi 6MM$ pour «15% des parts» (et non 20%!) sur 10 à 11 ans, assorti d’un fort taux, d’une garantie souveraine et d’un siège de Directeur.
Bizarrement, même après ce clash, la CNPC reste en piste avec son prêt de 6MM$ -mais cette fois, aux conditions indiennes! Car Rostneft et Moscou estimaient le prix de Yugansk (une fois levée l’hypothèque de la plainte de Yukos auprès d’un tribunal US) beaucoup plus haut que celui de la CNPC, qui exigeait 20% du groupe, plus 50Mt de brut sur 6 ans, à prix bloqué en dessous des cours actuels… Selon Yuri Matvieiev, n°2 de Rostneft (23/1), les livraisons reprendront dès février, plus que doublées (de 80.000 à 180.000 barils/jour), mais sans doute pas au cours espéré par la CNPC!
Ainsi, sous réserve d’inventaire, Rostneft et le Kremlin auraient tout gagné, à savoir 12MM$ pour 47% de Yugansk, après en avoir rétrocédé 30%. La reprise à la hussarde serait donc entièrement financée, et Rostneft récupère même 3MM$ de liquidités, de l’ONCC qui les placera sur une JV, sur un autre gisement géant, Sakhaline3, par exemple !
Sommaire N° 4