On ne peut pas exactement parler de maîtrise, dans les chiffres de croissance donnés le 25/1/2005, par l’Office Statistique pour l’an dernier.
Douze mois en arrière, il pariait sur «7%». En décembre, il parlait encore de «8,4%». Son dernier chiffre est de 9,5%, plus fort taux depuis 1997!
A tout le moins, la surchauffe n’est pas jugulée, même si des premiers effets sont perceptibles !
Le «gel» du crédit dans les secteurs brûlants (acier, ciment, immobilier, auto) a abouti à +25,8% d’investissements fixes, après un pic de +43% constaté au 1er trimestre.
Le PIB, le produit intérieur brut, a atteint 1647MM$ (3% du monde), nourri par une forte production industrielle (+11,5%) et agricole (+9% de céréales, à 469,5Mt, 1ère hausse depuis 1999), cette tendance étant une des bonnes nouvelles de l’année.
Autre progrès, celui de la consommation (651MM$ de ventes au détail, +13,3%), poussée par les prix des denrées alimentaires (+9,9%) et du pétrole (+11,4%). L’inflation de +3,9% est soutenable, car en baisse de 0,3% (sept/déc 2004), mais confirme l’inégalité des prix entre villes (+3,3%) et campagnes (+4,8%).
Dans l’ensemble, Pékin s’estime prémuni du risque d’explosion sociale, grâce à la plus forte hausse du pouvoir d’achat depuis 7 ans (7,7% à 9422¥ en ville, 6,8% à 2936¥ au village).
De ces données, l’Office tire la leçon : pas question de rouvrir le crédit. Pour autant, pas question non plus « dans l’immédiat » de changer le RMB face au US$, ni le taux d’intérêt. Mais le message est ambigu, puisqu’en même temps depuis Davos (World Economic Forum), Fan Gang, l’économiste officiel réveille le spectre d’une réévaluation (27/1) -malmenant ainsi dans les heures suivantes, le cours mondial du billet vert !
Sommaire N° 4