Le 1er décembre, jour mondial de lutte anti-SIDA, porta à la Chine un bilan mitigé.
Le fléau poursuit sa pénétration. Le régime essuie des critiques de n’en faire pas assez-, mais glane aussi les 1ers fruits d’une stratégie de courage et transparence, engagée depuis 2003. Pékin autorise pour test clinique sur l’ homme son remède, l’acide Dicaffeoqunic, «aussi efficace que la trithérapie».
Depuis 2002, son budget de lutte a octuplé, à 80M²/an, et l’étranger lui a promis 200M² de contribution, y-compris celle de la GBC (Global Business Coalition), avec ses 200 multinationales et leur prévention sur le personnel de leurs usines. 2M de cas ont été testés dans 247 centres de dépistage. Avec prudence, la Chine s’apprête à réviser à la baisse, de -20%, son chiffre (datant de 2003) de 840.000 séropositifs. En somme, suite à une évaluation plus précise, la situation en Chine serait moins grave que prévue…
Et pourtant, face à ces espoirs, que d’alertes!
Sans crainte de la contradiction, Pékin dénombre des séropositifs officiels en hausse de 40% sur un an (135.000). Encore le vrai chiffre, inconnu à ce jour, est plus proche des millions. Mme Wu Yi, la vice 1er Ministre vitupère contre les provinces qui cachent leurs cas pour éviter des sanctions, et freinent par ignorance ou moralisme, la prévention (méthadone, condoms) et les traitements gratuits. Une action typiquement dangereuse, est ce projet de prison spéciale-Sida, à Canton, «mouroir» qui érodera la coopération citoyenne des malades, en les privant d’espoir de compassion.
La prédiction de l’OMS (organisation mondiale de la santé) est en train de se vérifier : la drogue passe le relais au sexe – les prostitué(e)s étant aussi toxicomanes. La seringue partagée cause 41% des cas, le sang contaminé 23%, et le binôme « sexe + cause inconnue » (essentiellement le sexe!), déjà 32%. Les homosexuels n’ont jamais été recensés (pour ceux séropo, une évaluation va jusqu’à 1M). Et sur les 25M de filles vénales, celles contaminées, seraient passées de 5000 en 1996, à plus de 200.000 l’an passé, en appliquant le taux officiel de 0,93%…
Les malades soignés gratuitement (30.000) sont bien trop peu, et -scandale!-, des hôpitaux leur imposent médicaments et tests inutiles. Au Jilin, un sidéen donna 15 fois son sang de 2003 à 2004, « plombant » 23 personnes. Par suite, un nouveau règlement vient d’être promulgué (01/12) , pour faire appliquer la loi de 1998 ur les collectes de sang…
En résumé, dit Cheng Yingxuan, vice gouverneur du Yunnan, ce qui manque est moins le matériel, que l’expertise. D’autres, depuis Hong Kong, parlent aussi de conscience professionnelle—ou citoyenne !
Sommaire N° 39