— Le grand rendez-vous de Montréal s’est achevé (9/12) sur un basculement.
La question était : que faire après 2012 et la fin du protocole de Kyoto, négocié en 1997, auquel les US (1er émetteur de gaz à effet de serre) ont dit “non!” et la Chine (2d émetteur), “non-mais!”.
Les Etats-Unis espéraient maintenir ce front du refus, en renvoyant ce débat devant l’enceinte de l’Asie Pacifique. Or la Chine a refusé et s’est déclarée prête à ouvrir dès mai 2006 la négociation de l’après-Kyoto. En échange, elle attend de l’Union Européenne, leader de cette démarche, la cession gracieuse de ses filières de charbon propre, telle celle du lit fluidisé circulant. Les US sont donc seuls, lâchés même par Bill Clinton qui déclare à Montréal que “George W. Bush se trompe ”. Les US sortent ébranlés, et même “proches”, dit-on, de participer à la ronde de mai 2006 : décidément, même sans objectifs communs chiffrés, ce sommet vert de Montréal, loin d’être un échec, apporte la rupture — grâce à la Chine !
— Inévitablement, après la catastrophe écologique de la Songhua (cf VdlC n°38) Pékin réclame des comptes. Li Yizhong (patron du BNST) a annoncé des sanctions sévères.
Un Directeur à la SEPA (l’agence nationale de protection de l’environnement) et le chef de la CNPC (China National Off-shore Oil Corporation) à Jilin ont déjà volé. Quant à Wang Wei, jeune vice-maire de Jilin (43 ans) qui avait clamé l’absence de pollution après l’accident, il fut retrouvé mort chez lui -suicide probable. Face à la Sibérie qu’atteint bientôt la pollution, la Chine a émis de rares excuses, et l’idée d’une digue temporaire pour protéger Khabarovsk.
Pas besoin, sans doute : diluée par l’ouverture des réservoirs régionaux, après 15 jours, la nappe de benzène, atteint des valeurs proche de l’acceptable, et Moscou reste sereine. Mais par ces mesures exceptionnelles, face à la Russie, Pékin a su rattraper les dégâts d’image, et la gestion catastrophique de l’accident au départ.
— Pékin déclare (7/12) son 5e cas humain de grippe aviaire.
Or, Guang Yi, virologue de l’université de Hong Kong, accuse (9/12) plusieurs provinces de taire leurs foyers de H5N1: “ l’épidémie démarrée à Canton il y a des années, est désormais partout en Chine, hors contrôle”.
Pour l’instant, l’OMS exclue ce risque d’une “couverture” par Pékin, comme en 2003 avec le SRAS. L’alarme de Guang Yi rappelle celle, en novembre, du Dr Masato Tashiro, chef d’un institut de virologie associé à l’OMS: la Chine aurait eu 310 morts du virus (non vérifiés), dont 7 d’origine humaine, et confiné 3000 malades.
La base de son affirmation était un document secret remis par des collègues chinois contraints au silence. Par la suite, le savant nippon s’est rétracté, non sur le fond, mais sur les preuves.
Enfin, un paysan du Jiangsu ayant rapporté le foyer de Tianchang (Anhui) en octobre, a été arrêté (25/11), accusé de “chantage”. Ici, le ministère de l’agriculture a enquêté et qui fait jouer la transparence, et c’est la province qui veut punir. Pékin prévient qu’il “enquêtera”, si nécessaire!
Sommaire N° 39