Pol : Pour Kawasaki, pas de TGV, mais …

— Après les contrats offerts en 2004 aux concurrents Alstom et Kawasaki (France, Japon, 60 rames chacun), et Bombardier (Canada, 20 trains), l’octroi de 60 TGV à Siemens, à produire localement en JV avec Tangshan (VdlC 37) n’avait rien que de normal. Même si ces trains ICE-3 iront plus vite, à 300km/h au lieu de 200.

Mais une autre annonce 2 jours après dans la presse nippone, frappa : malgré le climat négatif entre Chine et Japon, Kawasaki bénéficiait d’une nouvelle commande, 60 autres TGV! Le scoop fit long feu : le ministère des chemins de fer démentit le lendemain!

NB : Invention nippone? Certainement pas! Kawasaki a sa technologie, ses banques, et avec Sifang, (Qingdao), un des deux meilleurs partenaires industriels en Chine.

Surtout en TGV, comme en nucléaire, la Chine s’en tient à sa stratégie qui lui réussit si bien: toujours cultiver, chez les fournisseurs, la plus large concurrence que possible!

— L’Afrique ne quitte pas la ligne de mire chinoise.

Membre du Comité Permanent, Li Changchun l’arpente (12-24/11) en 4 étapes: Soudan, Namibie, Afrique du Sud et Tanzanie. Les résultats publiés sont très fragmentaires, mais significatifs.

A Pretoria, les échanges de 5,9MM$ vont passer cette année à 7MM$.

Au Soudan, la Chine va placer 600M$ sur un champ de pétrole d’une capacité de 20.000 barils/jours. Restent à négocier la part chinoise (le Soudan refuse l’exclusivité), et le tenant des droits, CNPC (la compagnie nationale pétrolière, largement leader) ou Sinopec, qui tente d’établir des réserves propres.

En Namibie, Li a apporté en cadeau un contrat culturel (= des places d’études dans ses universités), du matériel de bureau, et un prêt de 26M$ pour achat de matériel ferroviaire (chinois).

Dans le même temps, en Chine, l’APL, (l’armée populaire de libération) recevait en visite touristico-protocolaire Antoine Gambi, chef de l’armée centre-africaine (20-27/11). Genre de visite très appréciée, et qui entretiennent l’amitié avec un continent pauvre en développement, richissime en ressources minérales.

— Formidable adaptation du monde du travail à son cadre autoritaire!

Les syndicats privés sont réprimés en Chine. Cela n’empêche 9 pilotes de la China Eastern (Nanjing) d’arrêter le travail et de réclamer une hausse de salaire. Mieux: ils font monter la pression en postant leurs revendications sur internet sous la plume de Joseph 75, très anonyme commandant de bord.

Pour faire bon poids, Joseph 75 borde la doléance collective d’accusations de gabegie et de libertés prises avec la sécurité des passagers.

Que la direction menace de diffamation, est de bonne guerre. Mais ce qui frappe, est que le syndicat existe de facto, avec tous ses attributs, telle la grève et le chantage aux média, qui relaient le message sans censurer. La presse met le doigt sur un noeud de l’affaire : avec une avancée moyenne des passagers de 38%, l’aviation connaît un déficit en pilotes qui atteindra 40.000 hommes en 20 ans. Difficile, dans ces conditions, de mal payer ceux que l’on a !

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