A la loupe : Entrechats, déjà, pour la prochaine ONU

Secrétaire général de l’ONU (Organisation des Nations Unies), Kofi Annan quitte en décembre 2006: pour sa place, les pays entrent en campagne.

Pour Pékin, isolée par ses faiblesses en matière de corruption, de droits de l’homme, d’armement ou de pollution (cf édito), impossible de briguer le poste. Mais en attendant, elle peut réclamer un Secrétaire général asiatique, au nom du fait qu’à la barre onusienne, le dernier asiatique fut le birman U-Thant il y a 35ans (’61-’71).

Li Zhaoxing et S.Lavrov, les ministres des affaires étrangères chinois et russe lancent ensemble leur lobbying. Les candidats ne manquent pas, tel le Thaïlandais S. Sathirathai (à Pékin le 22), le Srilankais J. Dhanapala, les Coréen et Timorais Ban Ki-Moon et J. Ramos-Horta.

En face, à l’Ouest, s’annonce le Président polonais A. Kwasniewski, peut-être soutenu par G.W. Bush. Silancieuse, l’Union Européenne compte les points, et n’en pense pas moins !

Ces tractations vont de concert avec la réforme de l’ONU, en crise pour cause de népotisme des petits, de noyautage des grands. Un nettoyage financier est inévitable (pour que les US recommencent à payer).

Politiquement, un consensus se dégage sur l’élargissement du Conseil de Sécurité, englobant un mixe de pays

 puissants mais oubliés par l’histoire (Allemagne, Japon),

‚ émergents (Inde, Brésil), et

ƒd’Afrique (Sénégal, Afrique du Sud).

La taxant d’«immature», Pékin bloque cette réforme lancée par 4 pays candidats : elle veut barrer l’entrée au Japon (fruit du mauvais voisinage), mais surtout, augmenter la voilure du tiers-monde en cette enceinte. Peu lui importe si c’est de lui que proviennent les gaspis. De toute manière, elle n’assume qu’1,5% de la cotisation de l’ONU, quoiqu’elle détienne déjà 6% du marché de la planète bleue.

Pékin veut voir l’ONU s’imposer plus dans le développement durable, la guerre au terrorisme, à la pauvreté et aux épidémies. Elle veut lui donner plus de pouvoirs, même à son Assemblée générale (sans heurter les souverainetés nationales), afin de la responsabiliser. Et surtout, elle veut éviter à cette réforme d’avoir été bâclée, pour avoir trop satisfait les intérêts des puissances et lobbies. Le monde aura bientôt besoin d’un ONU fort, pense t’elle. A tout prendre, sa logique est à la fois ambiguë, et défendable !

 

 

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
9 de Votes
Ecrire un commentaire