Ô A 1000 jours des Jeux Olympiques de Pékin 2008, les choses s’accélèrent.
De passage, une mission du CIO – le Comité international olympique donne son satisfecit sur les préparatifs, à une réserve près : ayant démarré trop vite ses 34 chantiers, Pékin risque frais d’entretien et lézardes prématurées. Cui Dalin, vice-Président du Comité Olympique chinois estime «impossible» (10/11) que son équipe batte l’américaine au palmarès des médailles. Accès de modestie qui traduit la prise de conscience d’une crise du sport chinois, suite au fiasco des jeux nationaux entachés de dopage et de corruption, reflets du vieillissement de la structure politique du sport. Cette sujétion inspire à Pékin un plan subtil.
En sollicitant de faire transiter la flamme olympique par Taiwan, il fait à sa province rebelle un cadeau embarrassant : traversant le détroit avec la torche aux 5 anneaux, elle sera contrainte à un premier retour symbolique à la mère patrie ! Prudent, le CIO réserve sa réponse au plus tard possible—pas avant 2007.
Ô Après des ans de préparatifs, la Flandre (belge) lance sur son sol la Joyeuse Entrée de la Chine et des petits dragons, Hong Kong et Singapour.
Sa stratégie en 8 points pour attirer les investissements chinois est novatrice et pragmatique, avec pour fer de lance un Bureau de renseignement programmé en Chine, et 9000km plus à l’Est, au plat pays, un Centre de services pour compagnies chinoises, abritant experts en administration et management, et interprètes-traducteurs.
D’autre part le Flanders Invest & Trade, agence de soutien des firmes flamandes en Chine, ouvre (1/1/06) ses services aux Cies chinoises, son site internet en mandarin, avec à la clé une panoplie d’incitations fiscales, s’ajoutant aux atouts déjà connus de la Chine des affaires, tels son port d’Anvers, son marché richissime et sa position au coeur de l’UE! Cerise sur le gâteau, courant novembre, 2 délégations de 80 hommes d’affaires sillonnent Chine et Asie, menés l’une par le 1er min. belge Guy Verhofstadt, l’autre (flamande only) par la ministre Fientje Moerman, ministre de l’économie, des sciences et techniques.
Ô Les violences urbaines qui viennent de secouer la France, ne sont pas restées inaperçues à Pékin – ne serait-ce que parce que des Chinois de France en auraient été victimes.
A Paris du 4 au 7/11, 6 entrepôts privés chinois s’embrasaient, tandis qu’à Besançon 3 étudiantes taiwanaises, une pékinoise étaient blessée dans un incendie à l’Université de Franche-Comté. A vrai dire, on ne connaît pas la cause de ces dégâts.
L’intéressant dans cette couverture de la presse chinoise, est la double anxiété qu’elle trahit : celle d’un rejet sinophobe (réel ou rêvé), tels ceux constatés ces dernières années en Indonésie et en Amérique Latine, fruit de jalousie qu’inspire le succès de l’immigration chinoise aux groupes locaux pauvres; et celle relative à cette instabilité, mauvaise surprise dans un pays riche et développé.
China Daily (8/11) fait cette rarissime mise en garde, proche de l’ingérence, à un pays étranger ami : « les balles ne peuvent pas soigner la colère ou la frustration des jeunes arabes ou africains ». Ce qu’on y lit, entre les lignes : la Chine ne veut pas perdre l’illusion que la richesse est garantie de stabilité !
Sommaire N° 36