Editorial : LA CHINE, CHAMPIONNE DU MONDE DES ENERGIES RENOUVELABLES

Qui l’eût cru? Avec 37GW de capacité installée, la Chine est n°1 mondial des Energies Renouvelables , n°2 en éoliennes (20 GW), et figure parmi les leaders en mini-barrages, énergie solaire (PV), fosses à méthane.

Son plan d’avenir est immense : d’ici 2020, elle veut porter les renouvelables de 7 à 15% de son parc (France = 12%, Canada 17%),doubler ses éoliennes, et investir150MM², sur appels d’offres internationauxx. Applicable dès janvier 2006, sa loi des énergies renouvelables favorisera tels investissements en allégeant leur taxation, à présent de 7,5% !

Et pourtant, en même temps, la Chine prétend ouvrir sous 15 ans 300 à 500 centra-les à houille sale, refuse toute critique, et toute réduction de ses émissions de CO² et autre mercure. Ainsi, le Canada qui ferme 9 centrales dans l’Ontario, verra son effort annulé par la Chine en quelques mois – les pluies acides n’ont pas de frontière !

Pour autant, Pékin est sérieux dans sa quête d’un avenir propre, avide de  technologies. Il vient de tenir (7-8/11) sa 1ère conférence internationale, le BIREC, avec 1200 experts de 100 pays -ministres, industries, banques, ONG. C’est donc une Chine contradictoire et mutante que l’on découvre, comme en témoigne  Stéphane Dion, ministre canadien de l’environnement qui s’apprête à recevoir (nov-déc), 10.000 participants à la Conférence Mondiale de Montréal, pour négocier une suite au protocole de Kyoto.

Stéphane Dion, Mini-interview :

Q: Que peut offrir le Canada à la Chine, dans son effort pour passer aux énergies renouvelables?

R : Nous sommes experts en toutes énergies…Toutes figurent sur notre territoire -pétrole, gaz, nucléaire, charbon… En hydroélectricité, nous sommes n°1. Pour les aider à passer au charbon propre par exemple, l’expertise canadienne sera déterminante. Nous avons un projet de coopération sur deux ans en ce domaine.

Q : Mais justement, peut-on dès aujourd’hui espérer équiper les 300 à 500 futures centrales chinoises avec votre technologie du « charbon propre »?

R : Pas encore. Cela reste aujourd’hui trop cher. Mais on peut les aider à réduire leurs émissions.

Q : Qu’attendez-vous de la Conférence de Montréal ?

R : Un texte conjoint des 180 pays. Nous n’avons que quelques décennies pour diviser par deux nos émissions de gaz à effets de serre, ou en subir les conséquences. Sans accord global, pas de salut. Le cheminement est lent, mais il n’y a pas d’alternative ! 

Q : comment la SEPA, l’agence nationale de protection de l’environnement, peut-elle dynamiser ses ONG environnementales pour l’aider dans sa tâche…

R: c’est la question que m’ont posé les cadres chinois. J’ai répondu : «laissez les, vivre hors votre contrôle et vous critiquer. C’est leur travail». Alors ils ont changé de sujet. Mais 10 ans avant, ils n’auraient pas posé la question: ils évoluent vite, contraints par leur pollution!

 

 

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