Un facteur déclanchant dans l’envolée des cours du pétrole en 2004, fut la hausse de 50% de l’import chinois.
Cette année, il sera plus sage, 130Mt (+8%) : le baril à 70$ prêche la prudence ! Face à la flambée, la Chine se retrouve avec un système obsolète, qu’il faut vite modifier sous la contrainte : sonder des voies alternatives !
Il est loin, le temps du baril à 10US$, où Zhu Rongji le 1er ministre interdisait les importations pour protéger les profits de la CNPC (la Compagnie Nationale Pétrolière) et de Sinopec.
Aujourd’hui, la Chine doit interrompre les achats de brut pour sa réserve stratégique (sur 4 sites). Le prix étant ruineux, le dos au mur, ce 2ème consommateur mondial réduit ses ambitions, au nom d’un argument spécieux : « la Chine n’importe que 6% du marché mondial ; avec sa forte production intérieure, elle n’a pas les mêmes contraintes que les pays de l’OCDE, (Organisation de Coopération et de Développement économique), et peut faire l’impasse sur une forte réserve » !
Autre décision difficile : depuis des années, la Chine s’aligne à contrecoeur sur les hausses du cours mondial, au nom de l’intérêt du consommateur et de sa croissance, pour protéger ses PME, l’industrie légère, l’agriculture voire l’armée, tout en luttant contre l’inflation.
Ainsi, les 65% d’envolée de prix des 12 derniers mois n’ont été répercutés par la NDRC (National Development and Reform Commission) qu’à 25% à la pompe, en 3 phases, la 1ère, en mai 2005. Mais revient le projet de taxe au carburant, 100 fois reporté. Le Conseil d’Etat désormais l’envisage sérieusement, afin de ne pas émettre le mauvais signal aux usagers et ne pas favoriser les réexportations: le prix intérieur est bloqué à 1500-2000¥ plus bas que le cours mondial! A plus 4¥/l, l’essence est 60% moins chère qu’en Europe, écart aggravé au niveau des taxis, subventionnés à la côte, à 30²/mois.
Enfin, cette crise est l’occasion de faire disparaître le ban, dans 80 villes (imposé, pour raisons de prestige, et de fluidité), des voitures les plus modestes (- de 1 à 1,2l). C’est la SEPA, (la State Environmental Protection Administration), qui l’impose. En contrepartie, ces constructeurs devront réduire leurs émissions de fumées, et leur consommation.
Autant de mesures annonciatrices d’un tournant : la Chine découvre que le pétrole à bas prix dont profitèrent les pays de l’Ouest, est aujourd’hui fini—il faudra bâtir sa croissance sur autre chose !
Sommaire N° 29