— Un pas en avant dans la réforme des marchés financiers, (ré-)engagée au printemps.
La bourse va recevoir 270MM$ de parts d’Entreprises d’Etat, jusqu’alors incessibles – les Entreprises d’Etat en bourse, n’y avaient placé que 30% de leurs avoirs, selon la loi, afin de garantir la propriété publique. Suite à deux échecs en 5 ans, la tutelle a compris que pour éviter l’effondrement des cours, il faut l’accord de tous les partenaires – y compris celui des firmes, et des porteurs.
Aussi en avant-garde de toute la bourse, 28 firmes à Shanghai, 12 à Shenzhen offrent à leurs assemblées générales d’actionnaires des paquets de parts nouvelles, pour compenser la baisse des anciennes. D’autre part, pour limiter cette érosion, les parts nouvelles seraient instalées dans un index nouveau, les parts G (de Gaige, 改革,réforme). Enfin les firmes recevraient aussi un incitatif, sous forme de droit étendu d’investissement à l’étranger. Sur tout ce plan, la décision reste en attente.
NB : face à cette réforme, l’OCDE (l’organisation de coopération et de développement économique) reste de marbre. Dans son rapport sur la Chine (16/9) qui voit une croissance de 9% en 2005 et 9,2% en 2006, elle appelle à plus d’efforts de dérégulation, pour améliorer l’allocation du capital, réduire le risque de gaspillage accru de l’épargne, et minimiser le risque systémique. L’OCDE attend aussi des réformes de la taxation et des dépenses publiques, et surtout, davantage de transparence sur ce marché glauque : « peut mieux faire ! »
— En 1999, Kelon (Canton), c’était 20% du marché national du réfrigérateur, succès dû à la poigne de Gu Chujun, son jeune PDG (39 ans alors).
Puis la roue a tourné. Kelon a perdu 43,5M² au 1er semestre et éteint les machines. Déboulonné du poste de commande (cf VdlC n°26), Gu est en prison depuis le 2/9, suite aux 108 plaintes de ses banques, clients et actionnaires. Bloquées en bourse de Hong Kong depuis le 16/6, les parts ont chuté de 58% par rapport à leur pic. Manoeuvre de sauvetage in extremis qui semble satisfaire tout le monde : Hisense (Qingdao, Shandong), plus petit mais en bonne santé, prend le contrôle (15/9), rachetant 26% des parts à Greencool, filiale propriété personnelle de Gu (à 60%). Pour 90M², c’est une affaire, et une étape dans la reconstruction de l’anarchique paysage de l’industrie de la tôle blanche.
NB : face au fisc et aux juges, Hisense devra nettoyer des écuries d’Augias, pour démêler 5 ans de magouilles. La chute de Kelon montre la vulnérabilité croissante du système de principautés industrielles protégées localement – de Foshan (Canton), pour Kelon. Kelon laisse un trou noir inconnu, en échange d’une bonne image-produit, et d’un réseau national de distribution.
Sommaire N° 29