— En 10 ans, l’usine d’Alstom à Tianjin, d’équipements pour centrales hydroélectriques est devenue une des plus belles unités au monde.
En 2 ans, ses commandes sont passées de 17 à 30% (voire 35%) du marché. Sa qualité technologique, et son choix de production locale, lui permettent désormais d’éviter la discrimination en faveur des autres grands locaux, Harbin et Dongfang. En 1999, pour la commande de 8 turbines géantes destinées au barrage des 3 Gorges, on lui avait imposé un transfert de technologie – de former sa concurrence.
Mais en 2005, non seulement Alstom parvient à remporter d’autres commandes sur le même ouvrage (tranche rive droite), malgré le fait qu’Harbin et Dongfang maîtrisent désormais ce type de production. Mais encore, Alstom est désormais affranchi du handicap déloyal du transfert de plan. Aussi le groupe investit à Tianjin pour renforcer la capacité. D’ici 2006, elle passera à 1,2MM d’heures de travail/an (1,8MM¥/an de chiffre). Le carnet de commandes est plein pour 3 ans, notamment de plus de 90 turbines-“bulbes”, outil de génération à basse chute, aux écluses. Et ce marché hydroélectrique demeure énorme, devant atteindre d’ici 2020 quelques 246GW, pour 70% du marché mondial en capacité!
— A l’université Beihang à Pékin (16/9), 108 ex-lycéens (dont 30% de filles) connaissent leur jour de gloire : l’inauguration de l’Ecole Centrale de Pékin, dont ils sont la 1ère promotion.
Fait rare, c’est la Chine qui a sollicité cette coopération à la France -au groupement des écoles de Nantes, Lille, Lyon et Paris. « Avec 4 universités chinoises prestigieuses », dit P. Chedmail, directeur de l’EC-Nantes, « nous échangions déjà depuis 1996. Quand Pékin nous l’a demandé, nous avons foncé et réalisé le projet en 8 mois ». Les jeunes ne s’y sont pas trompés. Les plus hauts scores au bac ont fait candidature, par 100aines. C’est que l’ECP offre un concept d’ études ignoré en Chine. Elle favorise l’esprit d’équipe, et met 1 professeur pour 9 étudiants, contre 1 pour 21 à Beihang. Cette 1ère promo va passer 6 ans d’études du français intensif, puis des grands domaines d’ingénierie, avant d’obtenir le double diplôme, chinois et français. D’ici 2007, l’ECP passera à son régime de croisière, 300 élèves/an.
Le financement ne posera aucun problème : les 12 M² à charge de la France seront versés moitié par Paris, moitié par les écoles, grâce au soutien des groupes vivement intéressés par cette pépinière, et ceux des fondations, à commencer par celle de Nicole Bru, ancienne présidente des laboratoires UPSA, qui a fourni une part secrète, mais évidemment forte, des premiers besoins !
Sommaire N° 29