A la loupe : Santé: du sel iodé pour les montagnes

L’IDD, désordre de déficience en iode (substance naturellement contenue dans le sel marin) est un mal trop connu en Chine.

Dès 1993, le gouvernement se lançait dans un ambitieux programme pour éradiquer ce fléau, responsable à l’époque de 80% des 10M de débiles mentaux du pays, sans compter des nombres imposants de goitres, fausses couches et défauts de naissance.

En 1999, le groupe chimique néerlandais Akzo Nobel et l’Unido (branche de l’ONU) se joignaient à la campagne avec 455.000$, normalement suffisants pour renforcer la production nationale de sel iodé -la consommation nécessaire ne coûte que 0,05$/habitant! Suite à quoi en 2000, un sondage avait permis de constater le recul voire la disparition du mal, en bien des points du territoire.

Aujourd’hui, cependant, une nouvelle enquête du ministère de la santé révèle une marche arrière.

700M de gens vivent de nouveau dans un environnement déficient en iode, engendrant 6M/an d’enfants à risque. Au Tibet, par exemple, 39% du sel consommé ne contient pas l’iode obligatoire. A Pékin, le chiffre atteint 16% et à Canton 12% – scores en retrait par rapport à 2000.

Ainsi, malgré tous ces efforts, le chiffre national de demeurés mentaux est resté stable, à 10M d’individus, annihilant 12 ans d’efforts. Que s’est-il passé? La réponse tient à l’absence d’éducation, et – encore- à la corruption.

En sourdine, la presse admet que le monopole public du sel a été violé, et que les producteurs privés ont omis d’ajouter la dose légale d’iode, tout en conservant frauduleusement l’étiquetage de « sel iodé ». La mauvaise coordination entre services d’hygiène, de police et de transport a aussi joué, tout comme l’ignorance des gens préférant payer leur sel moins cher…

Résultat, 12 ans après, le ministère l’admet, tout est à recommencer. Avec peut-être cette leçon ignorée au départ, à présent apprise : la santé n’est pas l’affaire du seul Etat, à coups de règlements, mais celle de la population entière, y compris celles d’initiatives privées et des ONG (organisations non gouvernementales).

Et imposer la pratique du sel iodé exige un contrôle de terrain permanent – pas seulement 1an, 3 ans, ou 5 ans de peur du gendarme !

 

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