En Chine rurale, en cas de répartition des terres, ceux qui ont le pouvoir, ont tendance invariable à se servir d’abord -c’est à dire les hommes!
C’est ce qui advint à Beichan (Chongqing). Un champ communal s’étant vendu en avril, la mairie dut répartir l’argent entre ses 286 âmes : vaste et houleux débat, surtout au chapitre des filles parties en ville!
Le maire décréta que pour toucher la prime, les 5 demoiselles concernées devraient souffrir la visite des dames du village:ce n’est qu’après vérification de leur chasteté qu’elles toucheraient les milliers de ¥uan en jeu, et même l’argent du billet de bus. Pour décourager les filles légères, le résultat serait même clamé sur la place publique!
Finalement par un article à sensation, le Soir de Chongqing mit le hameau dans l’embarras et le força à réviser sa copie anachronique. Mais connaissant trop bien le fond du problème, il ne jeta pas la pierre à Beichan. Pour la campagne, conserver ses filles à marier, est question de vie ou de mort. Quand l’exode rural laisse le village à l’agonie (feng zhong can zhu, 风中残烛,«ses chandelles sous le vent menacent de s’éteindre»), parler de démocratie est sans objet !
Sommaire N° 20