Dans sa tournée latino-américaine, le Président Hu Jintao s’est réservé pour la bonne bouche la visite à Cuba, la perle des Caraïbes, étranglée depuis sa Révolution par le blocus des Etats-Unis.
L’accueil chaleureux du dictateur Fidel Castro se comprend bien : depuis les années ’90 et la chute de l’URSS, Pékin a su reprendre une part de la place du géant disparu, allongeant quatre lignes de crédit d’Etat entre 1990 et 1994, et offrant 1,6M de bicyclettes, ainsi que des cargos de riz, pour éviter la disette.
Durant sa visite, Hu Jintao tendit 12M$ de dons sociaux, sans compter des ré-étalements de dettes. Cependant, pour faire fête aux visiteurs, le Parti communiste cubain avait une raison de plus que la simple reconnaissance. La Chine est un des seuls à pouvoir l’aider dans sa croissance d’escargot, disposant des techniques industrielles à bas prix, d’une soif inextinguible en ses produits de base (comme le sucre de canne), et n’ayant pas de comptes à rendre à Washington.
Aussi, plus de 200 hommes d’affaires accompagnant Hu, négocièrent pas moins de 16 contrats. Le plus important fait passer 49% de la mine de nickel de Las Cariocas, sous contrôle du chinois Minmetals. Pour un investissement (chinois) de 500M$, la capacité sera portée de 75 à 100.000t/an et les livraisons à la Chine, de 4000t (en 2005) à 22.500t/an à terme. Le paiement se fera par troc, en fournitures de systèmes de télécommunication, d’électroménager, et de vêtements. Il est aussi question de lancer une liaison aérienne directe, pour doubler le tourisme l’an prochain—à 2000 célestes amoureux de la guitarra, des cayo et du mojido.
Mais sur le fond, qu’on ne s’y trompe pas : exotisme caraïbe mis à part, la Chine renforce petit à petit son expérience et son influence sur le monde—cette fois, dans le pré carré du rival yankee !
Sommaire N° 39