A la loupe : L’aventure chinoise d’Ubisoft !

Depuis ses débuts en ’86 à Carantoir (Bretagne / Morbihan), Ubisoft a chaussé ses bottes de sept lieues pour s’imposer major du jeu vidéo, avec 2350 jobs dans 12 studios sur terre.

A Shanghai depuis 1996, il emploie 350 concepteurs, et techniciens, dont une 30aine d’étrangers (Français, Américains, etc), et s’est hissé au 1er rang national des jeux sur ordinateur. Son atout local: le bas coût, l’abondance et la qualité de la matière grise, qui lui permet jusqu’à la moitié de réduction du temps de conception. Dernier né de la célèbre série Splinter Cell, son Pandora Tomorrow made in Shanghai, sorti en mars s’est vendu en millions d’exemplaires dans le monde—mais quelques dizaines de milliers en Chine.

Responsable, le piratage, qui assèche «90 voire 99% des ventes » en Chine, pense Julien Le Bigot, directeur du marketing. La copie force aussi à casser les prix (7² contre 40² ailleurs), fermant la porte, au nom de la rentabilité, aux recherches de personnages et scénarios typiquement chinois!

Autre distorsion: le protectionnisme!

Ubisoft-Shanghai est sevré des aides qui pleuvent sur les géants locaux, et de l’enregistrement local de ses produits pourtant réalisés sur place, à 95% par des chinois. La tutelle GAPP semble redouter la pollution de ses chères têtes brunes par les valeurs étrangères : gare à toute allusion au Tibet, à Taiwan, à la corruption publique chinoise – thèmes qui foisonnent impunément dans les jeux vendus sous le manteau!

Malgré tout, la technique très sure d’Ubisoft, son plus large portefeuille de titres et son choix haut de gamme lui assurent sa place au top des éditeurs. Et puisque la Chine favorise le jeu en ligne (+ facile à contrôler), il s’avance sur ce marché en co-développant (2004-2005) Heroes of Might and Magic Online, spécialement pour la Chine/Asie, tout en caracolant dans le jeu PC (20 titres prévus pour 2005). Les jeux consoles viennent aussi : le 1er jeu d’Ubisoft sur Playstation-II de Sony (aujourd’hui sur les marchés de Shanghai et Canton) est pour janvier…

Enfin, Ubisoft l’admet à demi-mot, le piratage a du bon en donnant aux 234M de jeunes (dont 15M de joueurs en ligne) accès à la crème du  jeu virtuel mondial: si le pari est gagné, le groupe et ses concurrents se partageront en 2008 un océan de fidèles solvables et une manne de 1,5 MM$.

S’il est perdu, il leur restera un inépuisable vivier de talents producteurs : à tous les coups l’on gagne ! 

 

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
9 de Votes
Ecrire un commentaire