Petit Peuple : La dure leçon au jeune homme riche

A Taohua (Shanxi) avec ses limousines, maisons et magasins à la pelle, Yuan est le rêve de toutes les mères en quête de bons partis.

Son défaut (fréquent chez les nouveaux riches) est l’avarice : il ne dépense que pour lui. A l’oncle Guihua venu en janvier quémander quelques billets pour adoucir les derniers jours de la grand-mère nécessiteuse, il avait offert pour tout potage 2 斤 jin (livres) de farine et de riz…

Peu après, le jeune au coeur sec souffrit le vol d’une toile Song du Nord (960-1127) de grand prix, et la vieille décéda. A la fête mortuaire, Yuan s’étonna du faste déployé, très au-dessus des moyens de l’indigente ancêtre. Autour du cercueil serti d’argent, les rites étaient suivis sans mégoter, le banquet aux 15 plats, les pleureuses, le duo funèbre 二胡 erhu (viole à 2 cordes) et 唆呐 suona (fifre).

Sans lui tenir rigueur de son avarice, Guihua dîna avec lui : après quelques coupes, yeux dans les yeux, il lui avoua qu’il était le voleur du rouleau précieux. Revendu à une galerie, l’argent avait payé la fête. Le reste était caché dans le mur de la chambre… A ce moment, comme dans un mauvais vaudeville, coup de théâtre : la police arriva et empoigna l’oncle, dénoncé par le détective de Yuan. Seul au milieu des siens, ce dernier restait 呆若木鸡 dai ruo mu ji, “pétrifié comme un coq en bois”. Même la morte, depuis la bière ouverte, semblait le désigner du doigt. L’oncle passa au bloc une nuit paisible, en paix avec lui même pour 3 raisons. Il était sûr de la rectitude de son action. Chaque seconde qui passait, il le savait, martelait une leçon indélébile dans le crâne du neveu bourrelé de remords. Et Guihua ne doutait pas d’être libéré dès l’aube, par Yuan qui viendrait platement au poste retirer sa plainte : comme il advint, d’ailleurs !

 

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