En septembre, Pan Yue, vice Directeur de la SEPA avait promis des mesures draconiennes pour relancer la protection de l’environnement. La 1ère vient de sortir des cartons : un projet de loi d’urgence, à voter d’ici mai, sur la promotion des énergies renouvelables.
Il s’agit d’imposer aux distributeurs électriques l’achat du courant généré par énergie renouvelable, malgré un inévitable surcoût. Ainsi, le Kw/h du charbon coûte 0,35¥, 50 à 80% moins cher que celui des éoliennes: le distributeur devrait l’acheter à perte, se remboursant sur la collectivité. Apparemment utopique, le but serait d’obtenir 10% du parc électrique renouvelable d’ici 2010, partant (selon la presse officielle) de «5 à 6%» actuels. L’ambiguïté du projet apparaît immédiatement, rançon de sa nouveauté.
A quel tarif (quelle rémunération) ce courant sera-t-il payé? Quelles sources sont visées?
La presse évoque l’hydroélectricité (pas forcément si renouvelable que cela!), le vent, mais aussi les énergies solaire, marémotrice, géothermique et autre biomasse, laquelle ne sert pas à produire l’électricité.
Même avec ses flous, le projet a des implications immenses. Il améliora l’offre aux régions rurales ou enclavées, sauvant des villages autrement condamnés à l’exode. La Chine n’a pas le choix. Même sans parler du prodigieux coût humain de sa pollution, elle consomme 1,7MMt/an de charbon, et en brûlera 3MMt en 2020. Or, telle masse de charbon n’existe pas : il faudra trouver autre chose. La loi future exprime avant tout l’urgence.
Pékin aligne d’ailleurs ce projet ronflant: Guangting, dans 2 ans, prétend devenir le plus puissant parc d’éoliennes du monde, avec 400 Mw de capacité- autant que la production nationale actuelle!
Sommaire N° 34