« Zhengleng jingri » : politique froide, commerce chaud – la formule résume bien la tension avec le voisin nippon, la montée des sujets d’irritation, sans que nul ne puisse y faire quelque chose.
En pétrole, en mer de Chine, la CNOOC fore en une zone mitoyenne, sans l’accord du Japon qui s’apprête à laisser deux groupes explorer, dont Teikoku (n°1 national). Les vieux problèmes des îles Senkaku/Diaoyu (sous contrôle nippon) demeurent, exacerbés par la présence possible d’hydrocarbures. Sur le partage inévitable de l’or noir, ces pays négocient sans fruit. Tokyo n’hésite plus à armer jusqu’aux dents les îles Kyushu/Okinawa, «en cas d’attaque chinoise». Les opinions publiques sont remontées, d’autant que le 1er min. Koizumi vient de confirmer ses choquantes visites au temple de Yasukuni, ou gisent des criminels de guerre. Seul, l’ambassadeur de Chine au Japon fait un appel bien isolé pour restaurer l’amitié entre ces pays-frères.
A cela vient s’ajouter la peu rassurante réconciliation entre deux ex-adversaires acharnés, Japon et Russie.
Pour le tracé du futur oléoduc vers l’Est, Vladimir Poutine a voté Tokyo contre Pékin. Tokyo est 1er actionnaire étranger du pétrole de Sakhaline.
Toyota médite une usine à Nijni Novgorod. Les échanges ont monté en 2004 de 50%.
Oubliant la confiscation russe des îles Kouriles, les militaires se rendent visite annuellement. Russie et Japon se découvrent un besoin mutuel croissant face au décollage de la Chine et aux pertes nipponnes de positions mondiales, à l’abandon de la Sibérie par une population russe assoiffée de bien-être, laissant place libre aux paysans Chinois. Mais cette alliance naissante entre Japon et Russie doit peut-être surtout à un autre rapprochement qui les effraie: ceux de leurs alliés d’autrefois, qui s’éloignent, avec la fin de la guerre froide, Chine et USA !
Sommaire N° 3