Petit Peuple : Fuerna, le diable dans le lit

Fuanna est la marque emblématique de literie de Shenzhen, au marché si vibrant que toutes les 50 heures, il sort un nouvel article, drap, traversin ou ciel de lit.

Son bonheur serait sans bornes, s’il n’y avait Nantong (Jiangsu, 1000 km plus au nord), gros centre de piratage dont les myriades d’usines copient allègrement ses créations pour les revendre sur place et aux quatre vents du monde, de Moscou à Riyad ou Jakarta !

En décembre dernier, Fuanna lança son inspecteur, qui n’eut aucun mal à faire fermer 5 magasins vendant leur fausse camelote. C’était compter sans la vivacité de chiendent des faussaires. Deux jours après, ils en ouvraient un autre, assorti d’une parade meurtrière : avant le retour du limier, par simple jeu de maquillage d’un caractère, ils modifièrent la marque, Fuanna en Fuerna, identique à l’oreille : des mois de procédure judiciaire passaient à la trappe! De désespoir, le détective étouffa un sanglot. Alors, le patron pirate le réconforta d’une tape sur l’épaule : “Ne vous faites pas de bile… Vos produits sont super! Mais ne pourriez-vous pas nous faire une petite faveur? Simplifier votre design, qu’on puisse vous copier plus à l’aise?”

Cinq minutes plus tard, quand l’inspecteur se retrouva dans la rue, trottait dans son esprit égaré cette maxime pessimiste mais tenace, Dao gao yi che, mo dao yi zhang, (道高一尺, 魔高一丈) : la vertu fait un pied, mais le diable en fait dix!

 

 

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