— En 2002, par groupes, des réfugiés Nord coréens tenaillés par la faim affluèrent sur Chaoyang (Pékin).
Ils pénétrèrent dans les ambassades et zones extraterritoriales, d’où (à un cas près) la police ne vint pas les tirer. Avant que le pouvoir ne revienne de sa surprise, ils étaient 500, qui repartirent par la voie des airs, suivant un scénario désormais rodé, vers la liberté sud-coréenne.
Suite à cela, le pouvoir établit un réseau complexe de chicanes, barbelés et 100aines de gardes supplémentaires, dans l’espoir d’endiguer la brèche. De même, Pékin depuis lors, a “rendu” à Pyongyang 8.000 malheureux candidats. Mais rien n’y fait : le canal reste ouvert. Le 1/9, ils étaient 29 à franchir les grillages de l’école japonaise à Pékin. La plupart en étaient à leur 2d essai, cette fois abouti. Depuis Séoul, un réseau sud-coréen revendique l’orchestration du passage. Plus grave, les 100.000 réfugiés “dans la nature” en Chine, commencent à descendre en Asie du Sud-Est, où la pénétration d’une ambassade est un jeu d’enfant. 500 viennent d’être “rapatriés” par avion vers Séoul, probablement du Viet Nam, d’où le pays du Matin Calme rappelle son ambassadeur…
C’est un tournant nouveau et définitif : Chine et Corée du Nord n’ont pu empêcher l’internationalisation de la crise!
— Déterminés à étonner le monde, et suivant leur vision avant tout politique du sport, les dirigeants chinois avaient programmé la fin des travaux des JO de Pékin, 20 mois avant leur ouverture en 2008.
Mais durant les Jeux d’Athènes, Jacques Rogge, Président du CIO tint à les éclairer sur le risque de tel agenda.
Dès 2006, Pékin devrait supporter (seul) amortissement et entretien du parc olympique. L’avertissement ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd: recyclé comme mesure anti-surchauffe, le plan est publié (1/9), repoussant l’échéance des travaux à fin 2007.
En même temps, Pékin tient compte d’un autre conseil, baisser l’investissement pour éviter de léguer un insoutenable précédent aux JO d’avenir. Au lieu des 2,8MM² attendus par le CIO, Pékin avait programmé 13,5MM².
Révisé à la baisse, le Stade national de 80.000 places, surnommé nid d’oiseau en raison de sa structure en torons de béton, perd son toit rétractable, et un tiers de son prix (révisé à 220M²). Le Centre de basket de Wukesong voit sa superficie cisaillée de moitié (adieu, surface commerciale!) -à 65.000m2..
— A défaut de pouvoir s’exprimer publiquement à l’étranger (qui l’en empêche, sur demande de la Chine populaire), Chen Shui-bian, Président taïwanais, parle beaucoup en avion!
En route vers Hawai (30/8), il annule les exercices militaires Hankuang, programmés pour le 9/9 : “signe de bonne volonté”, répondant au retrait de 3.000 soldats de l’APL sur l’île Dongshan. Ils y simulaient la prise des îles taiwanaises de Penghu (Pescadores). Le surlendemain, destination Panama, il confie à brûle-pourpoint sa disponibilité à démissionner et dissoudre la chambre, pour lancer l’île dans des élections simultanées.
L’insolite aveu intervient une semaine après un vote au Yuan Législatif (cf VdlC n°27), qui fermait techniquement la voie à son vieux rêve d’un référendum d’indépendance d’une «République de Taiwan».
Tout se passe comme si ce leader déboussolé, isolé, à la tête d’un peuple économiquement pris en otage, était tenté par un scrutin en forme de quitte ou double: selon le résultat, revenir mandaté, ou bien sortir avec l’aura gandhienne d’un réconciliateur!
— D’ordinaire passif, l’ACFTU, le syndicat unique (134M membres, 1,7M de cellules) se fait pugnace : malgré la loi (très tardive, publiée en 2001) imposant le principe de sections dans les firmes non publiques (d’un délégué par PME), seules 20% des 400.000 compagnies étrangères et 40% des 2M de privées ont donné suite!
Aussi l’ACFTU s’en prend-elle à un “mouton noir”, Wal-Mart (qui a refusé même de rencontrer ses émissaires), et s’appuie-t-elle sur l’ANP pour lancer une enquête à travers 16 provinces, sur le non-respect de la loi.
Au plan légal, sa position est fragile, étant enregistrée comme “force sociale” et non comme structure étatique. Pour antant, elle dispose d’un atout à ne pas négliger: la sensibilité affichée du tandem Hu Jintao-Wen Jiabao, pour la défense des intérêts des travailleurs !
Sommaire N° 28