A la loupe : Le Sida dépénalisé

En 2003 puis 2004, les crises du SRAS et de la grippe aviaire causèrent un choc à l’équipe dirigeante juste installée : sous les yeux du monde, le système de santé chinois s’effondrait! En pleine tempête, Hu Jintao imposa un nouveau Centre national de prévention des maladies infectieuses, et Wu Yi, la vice 1er ministre responsable annonça la refonte complète de la santé chinoise sous deux ans.

Voté le 28/8, le 1er outil du nouveau système est la loi amendée pour la prévention des maladies infectieuses. Sa grande innovation consiste à y intégrer le sida, caché par l’équipe précédente. L’ANP reconnaît que le sida (840.000 séropositifs officiels, sans doute bien plus) est sur le point de passer du circuit limité des drogués, à une épidémie exponentielle, transmise par le sexe et le sang trafiqué!

Un symptôme du mal a été détecté : la criminalisation des malades par des cadres vieux jeu aide le sida à demeurer dans l’ombre. Pour briser le cercle vicieux, la nouvelle loi interdit aux cadres de pénaliser les sidéens, aux médecins de fermer leur porte aux insolvables. Elle impose aux provinces la création de fonds de prévention/soins, et bannit la collecte vénale du sang qui fournit toujours, malgré les campagnes policières (cf VdlC n°40 VIII), les hôpitaux jusqu’à 20% de leur demande.

Par ce schéma contraignant, Pékin veut forcer ses cadres à gagner la confiance des malades. Il est temps : selon ONUSIDA, la Chine est le pays où le VIH gagne le plus vite, +30%/an, et va vers les 10M de cas en 2010 (au bas mot!)

Enfin, signe d’espoir: Canton abrite huit projets de distribution de méthadone, ersatz de l’héroïne, et drogue elle-même! Preuve qu’à la dure, la Chine apprend à reconnaître le vrai ennemi – le virus!

 

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