Scandale pour les uns, énigme pour les autres : alors que l’aiguille de la croissance chinoise a atteint le pic de 9,7% au 1er semestre, les bourses de Shanghai et Shenzhen ont chuté de 25% depuis avril (début de la campagne publique de contraction du crédit), classant les 2 places parmi les 10 pires au monde! Ce n’est pourtant pas l’activité qui fit défaut, le marché ayant absorbé 4,3MM² de nouvelles parts en sept mois (+65%), dont 20% par Shenzhen, depuis sa reprise des cotations le 17 mai (cf VdlC n°19).
Bouclier du petit agioteur, les fonds mutuels prospèrent même, rassemblant 30MM² (25% des parts négociables) et 2MM² de profits au 1er semestre, 28% de plus qu’en 2003.
Explication: l’indice des prix (IPC) a dépassé en juillet le taux d’intérêt bancaire, infligeant un intérêt négatif annuel de 3,72%, ce qui chassa l’écureuil (épargnant) du bois (bancaire), le forçant à sortir une partie des 1.210MM² de son stock de noisettes!
Volatilité des capitaux et coma du crédit public plongèrent, fin août, Shanghai et Shenzhen à leur creux de marée basse de mois ou d’années. C’est le moment que choisit l’Etat pour suspendre toute introduction, le temps d’un changement complet de système de prix des parts. Cette pause raffermira le marché, en l’affranchissant de la concurrence des nouveaux titres. Elle permettra aussi d’installer le nouveau mécanisme, remplaçant la fixation arbitraire (et manipulable) de la CSRC, par un outil donnant la part belle à la voix du marché. La banque d’affaires émettrice du titre proposera encore une échelle de prix, que la tutelle approuvera, mais le niveau sera fixé par la demande, lors des commandes initiales par les institutionnels (banques, assurances, courtages).
L‘enjeu est lourd : avec 4 titres sur 10 en dessous de leur niveau d’émission, la Chine ne croit plus à sa bourse.
Or, des émissions de titres prestigieux sont en attente, en MM², tel Petrochina (2MM², fin de l’année) ou Baosteel (3MM²).
De leur succès, dépend celui d’autres listings aux bourses de Hong Kong , Singapour ou New York, comme CCB, la banque de la construction (4,9MM²). En un mot, avant cette vague, Pékin tente de restaurer la crédibilité de sa maison !
Sommaire N° 28