Chine et Inde multiplient les paradoxes : pays les plus peuplés (1/3 de l’humanité), vivant dans la plus forte promiscuité (9,7% des terres émergées), ils réalisent pourtant la plus haute croissance (6 à 7% pour la Chine en 2003, et 5,5% pour l’ Inde). Nonobstant ces succès, un passé d’hostilité les laisse avec des échanges très médiocres de 5MM$ en 2002 – "peut faire beaucoup mieux" !
Mais poussés par la raréfaction des marchés, ces houleux voisins remontent la pente, cherchent à se- tel George Fernandes, le faucon indien ministre de la défense qui retire sa formule d’une Chine «ennemie potentielle n°1», pour admettre humblement : «à 70 ans passés, tel les anciens de la Longue Marche, j’ai mes convictions, et suis peut-être trop âgé pour en changer radicalement»…
A l’état natif, l’intérêt sino-indien se lit dans cette 15. Foire high tech à Delhi, avec la Chine invitée d’honneur : les contrats n’ont atteint que 15M$, mais les 6000 demandes déposées portent sur 1MM$ de marché, qui pourrait être contracté en oct., à Pékin, lors de l’expo Made in India. Le1er ministre Vajpayee, qui s’y rendra spécialement, pourrait alors y signer avec son collègue Wen Jiabao l’accord bilatéral de protection des invests, pierre angulaire de toute coopération commerciale.
Les rêves communs ne s’arrêtent pas là. Rien qu’en logiciel, où l’Inde domine avec 550.000 programmeurs (dont 100.000 au chômage), une synergie se met en place. La Chine n’en aligne que 150.000 (son déficit est de 350.000), mais elle est bien plus forte en ventes. Les analystes prédisent qu’en combinant les forces, l’Inde réaliserait 11 des 27 MM$ du marché chinois à l’échéance 2006 (il ne se monte qu’à 1,8MM en 2002), En plus de son marché direct qui ferait 38 MM$. Enfin, les "start-up" indiennes d’informatique ont un autre puissant incitatif à s’expatrier en Chine : les multinationales de l’électronique, entre Shanghai et Canton ont intérêt à les protéger, en tant que fournisseurs des talents que la Chine ne peut pas – encore- aligner!
Sommaire N° 6