Editorial : CRISE IRAKIENNE -VERS UNE NOUVELLE DONNE EURASIENNE !

Deux éclairs viennent de zébrer la semaine diplomatique mondiale:

[1] la dénonciation (12/2) de Pyongyang par l’AIEA, pour avoir violé un engagement en rouvrant un réacteur nucléaire. Ce processus ouvre la voie à des sanctions du Conseil de Sécurité (CS) – et à un lâchage possible de Kim Jong-il par son allié chinois.

[2] Le 2d rapport du chef-inspecteur Hans Blix (14/2), sur le degré de coopération de l’Irak avec le monde.

Mais dès le 11/2 intervenait un tournant capital : 3 membres permanents du CS, France, Russie et Chine se coalisaient contre l’exigence de Washington et de Londres, d’intervention armée immédiate. Jacques Chirac recevait à Paris le Président Poutine et appelait Jiang Zemin pour confirmer cette alliance englobant aussi l’Allemagne (membre non permanent). Deux résolutions s’affrontaient (14/2), celle des US, et celle de Paris pour un renforcement des moyens d’inspection en Irak.

Le bilan de cette ligue est capital : les US se voient refuser leur exigence, à l’ONU – et à l’OTAN. C’est une première historique ! Une alliance majeure émerge dans le monde, axe eurasien inspiré par Paris et Pékin. Le Pacte Atlantique demeure, mais non plus pour l’Europe, comme boussole montrant le Nord : il rétrograde au rang d’outil parmi d’autres, sur la palette des forums mondiaux.

Dans ce contexte, la crise Irak/Corée aura servi de révélateur à un vieux processus jusqu’alors invisible, de création d’une conscience eurasienne (commerciale, géographique, politique),et du sentiment d’une influence excessive des US hors de leur continent. Ajoutez à cela l’avènement en 2000 d’un Président Bush, vif à la détente, et néophyte aux affaires du monde: le résultat était inéluctable !

A présent vient le temps des actes. Le silence de S. Hussein – conforté par un message TV de Ben Laden (12/2)- devra entraîner ultimatum + guerre, mais de plus en plus probablement hors OTAN et ONU-, par les seuls US et leurs rares alliés : d’emblée, le front eurasien sert de catalyseur à une lame de fond pacifiste mondiale. Entre les trois pôles (US, Chine, Europe), le jeu des forces ne sera plus jamais comme avant.

NB1 : Pékin a déjà évacué en grande part son ambassade à Bagdad.

NB2 : sur la question coréenne, Pékin s’oppose à un débat au CS, inévitable après le jugement de l’AIEA : le blocage est complet !

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