Argent : Suining – résurrection d’une mer Morte

· Paradoxe : avec son antique tradition lettrée et sa soif de lire, la Chine se voyait handicapée par un système public de librairies très en dessous de son potentiel. Mais les choses changent : d’ici 2005, les ventes de livres croîtront de 50%, à 7,2 MM$. Dans cette croissance, le privé fait plus que sa part, tel ce groupe Xi Shu, qui obtient dès maintenant ce score de 50%/an et vise 36M$ de ventes en 2003. Ex-prof de mathématiques de 40 ans, Xi Shu a un concept simple: sur base nationale, il déploie trois outils complémentaires,

[1] un club de lecture sur le net où l’on découvre les titres récents, ‚un site internet pour recevoir les commandes,

[2] et des 100aines de dépôts (556 en 2002, 800 visés pour 2003), où on les paie et retire. Xi Shu ouvre en 1993 sa 1ère libraire éponyme dans son Jiangxi natal, tablant sur la faible concurrence du groupe Xinhua. Puis il s’étend, visant les petites villes : pari gagnant, car l’OMC ouvre à l’étranger les métropoles, mais pas – encore- les villes moyennes, permettant ainsi à Xi Shu d’atteindre vite la masse critique – et d’obtenir, 1er parmi les privés, les facilités de crédits des éditeurs avec un nouveau dépôt par jour. Prochaine étape pour ce jeune loup : entrer avant l’étranger dans l’édition, encore sous monopole.

 

· Forts de leurs trésors de guerre constitués l’an passé, les groupes issus du démembrement de State Power (VdlC N°1) passent aux emplettes. Huaneng Power Int’l, le poids lourd coté à HK et NY, ouvre le bal en emportant 25% de Shenzhen Energy, d’une capacité installée de 3509 Mw. Li Xiaopeng, Président de HPI, précise que l’appel d’offre s’est fait «à la loyale» contre 12 concurrents locaux et étrangers. Mais plusieurs zones d’ombre entourent le contrat :

[1] les 288 M$ payés, ne couvrent pas la valeur du 1/4 des 1,67MM$ des actifs,

[2] Shenzhen a déjà vu plusieurs marchés publics adjugés dans des conditions floues, tel celui de sa ligne n°1 de métro, et

[3] Li Xiaopeng n’est autre que le fils de Li Peng, depuis 15 ans le patron de l’énergie au gouvernement. Or Li Peng passe à la retraite le mois prochain!

 

· Vieux amis de la Chine, les israéliens ont-ils donné le mot ?

Depuis 1500 ans, Suining (Sichuan) dormait sur une fortune en bitume d’un milliard de tonnes à peine exploitée (120.000t et 1,2M$/an) : voilà qu’il investit dans une mer morte, idéale pour les cures thermales et les soins d’affections comme le psoriasis. C’est la 2de mer morte chinoise en 1 an, après celle de Yunsheng (Shanxi) -qui, en un mois, avait déjà attiré 10.000 patients.

A Suining, 121M$ d’investissements sur 133ha vont faire naître un complexe hôtelier 4 étoiles et une collection de piscines et bains de saumure, tirée de nappes entre 1,3 et 3km de profondeur, à tiédeur constante de 31°C. Savants à l’appui, les promoteurs annoncent que leur mer morte, avec une teneur en bitume de 30% et 43 minéraux, est encore plus morte que celle du pays de Canaan, dotée de surcroît d’un décor pittoresque-temples antiques, lacs et montagnes – qui dit mieux ?

 

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