Loin d’anéantir les espoirs du ballon rond chinois, l’échec à la Coupe du Monde en juin 2002 galvanisa ses forces : l’Association Nationale du Football (ANF) décupla sa coopération étrangère, pour combler systématiquement ses faiblesses, notamment en créativité et en jeu d’équipe.
Dès déc. 2003, elle publiait son plan-maître, et son objectif: accéder en 10 ans au sommet, héberger le Mondial, voire le gagner. Sponsorisé par Deutsche Bank, inspiré du programme national britannique, il mise sur son vivier de 370M de jeunes chinois de moins de 18 ans : d’ici 2004, il s’agit de former 6000 écoles et 6M d’élèves, encadrés dans une Ligue junior, avec championnats et mécanisme de détection d’espoirs.
En même temps, d’ici l’été, le Real Madrid veut ouvrir une académie de foot en Chine, et la Hollande ouvre New Century, agence de consultants pour transférer en Chine son savoir-faire, vite et à haute dose: stages pour entraîneurs et managers de clubs, et séminaires « cliniques »de clubs des deux pays. La Haye fournit aussi Arie Haan, le nouvel entraîneur national chinois ! La Chine recrute aussi entraîneurs et internationaux en fin de course, tel (25/1) l’ex-capitaine britannique, P. Gascoigne qui fera une saison au club Tianma (« Pégase »), dans la province du Gansu.
Le foot chinois se professionnalise donc – même les arbitres. Jusqu’alors, l’insuffisance du cadre légal avait entraîné la corruption. En mars 2002 une émeute avait eu lieu à Xi’an (Shaanxi) contre un "sifflet noir" (arbitre marron). Une sévère reprise en main a suivi : arrêté dès avril, Gong Jianping, arbitre-chef à l’ANF, vient d’être condamné (29/1) à 10 ans de prison pour avoir empoché 45000$, pour truquer 9 matchs.
Plus confiant suite à tous ces efforts, le football chinois complète son training par un « carnet de bal » très dense : le 12/2 à Canton, il rencontre le Brésil; le 16/2, il sera à Tokyo pour les championnats d’Asie, et chez lui dans 4 villes dont Shanghai, du 24/9 au 11/10, il accueillera la Coupe du Monde féminine!
Sommaire N° 5