Joint-venture : Lucky, un photographe chanceux

— Une circulaire récente du Conseil d’Etat s’inquiète des milliers de mauvais chantiers publics  abandonnés car insolvables. C’est là qu’intervient Coface, n°1 mondial de l’assurance crédit, qui ouvrait (29/10) son bureau à Pékin. Evitant le secteur du crédit-export (monopole Chinasur), Coface va vendre, via la licence de l’assureur Pingan, son service de «garantie de bonne fin» à tout projet sur le marché intérieur. Ce produit apporte une rupture « culturelle » : pour couvrir le projet, il ne se contente pas d’une prime, mais exige une série de pratiques nouvelles en Chine, de vérification du marché, du financement, de la profitabilité. Les deux parties du contrat doivent en émerger avec image renforcée (loyauté et fiabilité). Le marché en sort raffermi par la disparition des mauvaises graisses (contrats non rentables, dettes triangulaires).

NB : Coface complète sa présence par l’ouverture d’une base de données destinée aux échanges avec le monde. Vendu sur le réseau de  China Merchant Bank, ce portail ouvre les dossiers de plus de 44M de firmes des cinq continents.

— Distancé par Fuji en Chine, Kodak signait en 1998 un accord légendaire. Il rachetait 380M$ deux usines photo ruinées, obtenait sa licence pour l’usine de Xiamen (700M$) et le monopole d’investissement sectoriel pour 4 ans. Ceci lui permettait de contrôler 50 à 60% du marché et d’ouvrir 8000 boutiques franchisées: la Chine devenait son 2d marché. Dès lors, Lucky, non viable, devenait la fiancée courtisée par les 2 rivaux. Le 28/10, le géant de Rochester gagne encore, en signant un accord sur 20 ans avec Lucky, qui cède 20% de

ses parts contre 100M$ en cash et matériel – ligne d’émulsion couleur,assistance technique, licences. Kodak promet de à ne pas racheter ses parts flottantes. Tout le monde y gagne : quelques années de répit pour le Chanceux, une reprise en main douce pour l’autre et pour les deux, la garantie que Lucky ne sera pas nippone!

— Pour le textile chinois, Crocodile (Singapour), Croc-Garments (HK), et Lacoste, l’inventeur légitime du logo, c’était jusqu’à hier “caïman” pareil,l’industriel français déplorant de plus,être copié par au moins 100 usines chinoises clandestines… Mais pour le Français, les années noires se terminent -peut-être. Quatre ans de litige avec Crocodile (HK) viennent d’aboutir à l’accord de Croc (HK) pour remodeler sa mascotte d’ici 2006,et même distribuer Lacoste. 2004 sera l’an du “ménage” pour le Français, en position de force face aux pirates (OMC oblige). En 10 ans, le groupe veut faire de la Chine son 1er marché en quadruplant (à 20%) sa part dans son chiffre mondial, 1MM$ l’an passé. En février 2004, ouvrira à Shanghai sa 2de usine chinoise : il y a de la croissance en l’air, pour les 140 boutiques et 4000 employés du groupe en Chine!

 

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