Le CISMA, Salon de la machine textile qui vient de s’achever (23-25/10) à Shanghai donne l’image d’un secteur en plein envol. Lectra, PME française, résume cet emballement, à deux ans de la disparition mondiale des quotas et droits de douane (OMC oblige), métier passé au 1er rang planétaire, en volumes, et en qualité.
Avec 1350 employés (dont 10% en Chine) et 37 filiales, Lectra a su créer des équipements de pointe à toutes les étapes de production du vêtement. Tel ce scanner qui modélise le corps du client en une minute, en une photo tridimensionnelle et 97 mesures, au millimètre près. Dans l’instant suivant, le patron choisi est dessiné sur mesure, et envoyé à l’usine.
D’autres machines énormes découpent 60 épaisseurs de tissu, cuir, ou fibre de carbone, pièces qui deviendront aile d’avion, sièges de voiture, poussettes ou chaussure. Avec de tels joujoux, la PME a réalisé en Chine, en 12 mois, 15M$ de chiffre, +79% depuis janvier. Du coup, l’Asie génère 25% de ses affaires, contre 19% l’année d’avant.
Pour suivre ce marché si tumultueux, Lectra ouvrait à Shanghai (22/10) son 3ème centre d’accueil mondial, 1100m², avec exposition permanente, centre de formation et téléphone rouge pour clients en panne. Quasi toutes les «réparations» se font par internet – les commandes de la machine comme du logiciel sont accessibles à distance.
Hangzhou (Zhejiang) abrite Hempel, un des 1050 clients chinois de Lectra, société privée aux locaux/outils grandioses, employant 2700 cousettes bien payées (1800¥ /mois). Spécialiste haut de gamme, Hempel produisait en 2002, 6M de vêtements vendus 80M$ : d’ici 2005, avec sa nouvelle usine, il quintuplera ces chiffres, participant ainsi à la percée du textile chinois, de 25% de part mondiale en 2003, à 50% en 2005!
Sommaire N° 34