Editorial : APEC, Bangkok, l’aigle Hu s’envole

Le 11. Sommet de l’APEC (Bangkok, 19-22/10) fut l’occasion pour Hu Jintao de briller. Auréolé du succès de la mission spatiale Shenzhou V (Vdlc n°33), maniant un style  serein sans verser dans l’arrogance, le Président chinois sut capter l’attention –aux dépends de l’hôte, le 1er Ministre Thaksim. Parmi ses huit rencontres bilatérales, Hu rencontra:

1. le Président coréen Roh Mun Yiun,

2. le 1er Ministre canadien J. Chrétien (dont il détruisit l’espoir de commande de 2 autres centrales nucléaires Candu),

3. le nippon Koizumi, qu’il rudoya en exigeant le nettoyage en toute la Chine, des armes chimiques oubliées en 1945, puis impressionna en annonçant qu’il empêcherait Pyongyang d’ostraciser son pays des négociations Nord-coréennes.

Un des temps forts du sommet fut le “combat des chefsHu-Bush, sur la réévaluation du ¥. Hu maintint son refus d’obtempérer sur le court terme. Mais ce 不 bu (“Non”) fut plus ambigu que jamais, puisqu’il accepta d’élargir le flottement de 8,3 à 8,7¥ /$si la zone était d’accord” (normal, toute l’Asie jouant au même jeu d’accrocher son wagon monétaire à la loco US$), et la création d’un groupe d’experts pour y réfléchir. Hu et Bush parlèrent aussi des compensations voulues par Washington sur le marché chinois pour l’industrie US ; de Taiwan, dont la Chine poursuit la stratégie d’isolation. Ou encore de cette résolution  que G.W. Bush parvint à faire signer aux 21 pays, s’engageant à démanteler les groupes intégristes transfrontaliers. 

Un autre débat fort fut celui sur la Corée du Nord, entre Russie, Chine, US, Corée du Sud et Japon. Poussé par son urgence préélectorale, Bush concédait, cessait d’exiger le désarmement total immédiat du programme nucléaire de Pyongyang, tout en lui offrant, des “assurances” de non-agression à formuler d’ici décembre : même si cette offre ne vaut pas le pacte réclamé par Pyongyang (qui, fidèle à lui-même, mit à feu un missile durant la conférence) – elle sort au moins de l’impasse le dialogue avec ce petit état isolé et “desperado”.

Enfin, si Bush voulait parler “terrorisme”, Hu lui, plaida pour la zone de libre échange (ZEL) convenue entre les signataires d’ici 2010, voire 2020 pour les PVD, et invita les leaders à Shanghai en février, pour un sommet spécialisé scientifique et technique. Le Japon pris dans sa crise, les US trop autocentrés, la Chine de Hu se voit volontiers devenir le moteur de l’intégration asiatique. L’enjeu est tout sauf rhétorique : l’APEC, aux échanges de 8000MM$, réalise plus de 50% du commerce mondial.

NB : Bangkok poursuivit aussi la valse des accords commerciaux bilatéraux, en pleins négociations, notamment entre US et pays d’Asie. Alors, ZEL de l’APEC, ZEL bilatérales US-Asie : est-ce la fin de l’OMC?■ 

 

 

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