En construction navale, la Chine tient depuis 8 ans son rythme de croisière, avec 12,3% du marché de la planète bleue, n°3 mondial loin derrière le tandem Japon/Corée. En 2002, elle construisit pour 4,6M TJB (+9,7%), une industrie aux 2/3 tournée vers l’exportation.
Au 1er trimestre 2003, les carnets de ce secteur très conjoncturel ont avancé à toute vapeur, ayant engrangé pour 720M$ (+180%) de commandes, le tiers des 2MM$ attendus pour l’année. La sous-évaluation du RMB et la hausse de l’€ n’y sont pas pour rien. Ceci, sans compter le renouvellement de la flotte nationale de haute mer, d’un âge moyen de 20 ans : 10M TJB à pourvoir d’ici 2005, au titre de 200 navires. Sans compter non plus les commandes d’une marine militaire aux grandes ambitions.
L’apparente concentration des chantiers chinois (60% de la production partagée entre CSIC et CSSC) cache une grande diversité entre unités éclatées et vétustes et autres suréquipées et re-structurées. Chez CSIC, le n°1 dont le chiffre d’affaires en 2002 atteignait 2,7MM$, les chantiers non rentables seraient passés de 12 à 8.
La Chine rattrape aussi son retard technologique: elle ne serait plus que 7 années derrière la Corée -qui tente de freiner son accès au savoir-faire des méthaniers. Ayant investi 1,8MM$ en R&D depuis 2001, la CSIC livre coup sur coup (30/5) un porte-conteneurs de 5.668TEU, le plus grand vraquier 175.000TJB et le plus gros tanker bâtis en Chine, 150.000TJB—utilisé comme plate-forme off-shore, doté d’une capacité de stockage de 1M barils, il extraira jusqu’à 3,6Mt de brut par an—durant 20 ans.
Enfin, soutenue par ses atouts naturels, coût salarial et capacité à produire vite, la Chine ne cache pas l’ambition de passer n°1. Elle y réussira -peut-être, à long terme, une fois devenue l’usine du monde, réalisant par elle même la plupart de ses exports à travers les océans!
Sommaire N° 23