· La crise des média est sans doute cause de cette étrange restructuration, dont pourrait naître un poids lourd de l’info économique chinoise. Filiale déficitaire de l’AFP, AFX news, agence d’info par abonnement pour groupes financiers, a cédé (8/1) AFX-Asia à Xinhua Financial Network, sa concurrente. Le coût de la transaction est secret, mais pourrait consister en un échange gratuit contre des parts de XFN. XFN est un groupe international (anglo-US-Japon), dont Xinhua est actionnaire principal mais non majoritaire. Une intégration va s’amorcer entre AFX-Asia (12 bureaux asiatiques, 50 journalistes) et XFN (120 salariés). Le groupe démarre avec une spécialité -l’info financière chinoise -, et un atout – le parrainage de Xinhua, réseau dense de contacts et influences. Pour réussir, il lui faudra gagner un pari: casser les prix des géants comme Reuters…
· Pour la présentation (08/1) de sa collection 2003 de téléphones portables avec caméra, écran couleur et internet, Motorola a dévoilé sa stratégie en Chine d’ici 2006. L’effort n°1 va sur la recherche, autour de son institut pékinois aux 18 centres de R&D:le géant de l’Illinois va y quintupler crédits (à 1,3MM$), et chercheurs (à 5000). Motorola annonce son incroyable objectif des «trois 10»: d’ici fin 2006, avoir en Chine 10MM$ investis (contre 3,9MM$ aujourd’hui), 10MM$/an de valeur produite, et sur 5 ans, 10MM$ d’achats chinois d‘outils et services.N°1 chinois depuis 2002 (7,9M portables vendus au 1er semestre), Motorola y fait 20% de son chiffre mondial (27,5 MM$), dans ses 8 JV couvrant tous les segments du marché.
Envers de la médaille: cet effort intense de Motorola est le prix à payer pour conserver sa place, talonné par la concurrence, surtout celle du nouveau n°3 surgi dans la nuit, Samsung (Corée). Avec les prix qui chutent et les 550 modèles présents sur le marché, s’endormir sur ses lauriers serait l’erreur fatale, témoin Ericsson, ex-n°1 aujourd’hui sorti du secteur.
"l’âge d’or des taux de croissance de 30 à 40%/an est révolu", dit Mike Zafirovski le PDG. 15% sont attendu en 2003 (70M de portables) : toujours mieux qu’ailleurs!
· Mitsubishi est handicapé, en Chine, par l’absence d’infrastructure propre. Ce qui ne l’empêche de revendiquer des ventes de 300.000 voitures d’ici 2007, triples de celles présentes, ce qui équivaudrait à 14% du marché chinois. L’atout caché de N°4 automobile nippon, réside dans les JV de ses partenaires DaimlerChrysler (qui détient 37% de Mitsubishi), et du taiwanais China Motor (dont il contrôle 15%). D’ici 2004, South-East Motor, JV de China Motor, au Fujian, sortira 100.000 Mitsubishi–Lancer et autant de Freeca et Delica (vans). Tandis qu’à Pékin, Beijing Jeep construira ses 4×4 Montero et Outlander.
NB : à l’horizon 2007, le marché chinois atteindrait 2,4M voitures/an. Les capacités annoncées par les groupes devraient déjà dépasser ce chiffre -50% ?- sans parler des groupes encore à venir.
· Banques, assurances et courtages asiatiques arrivent en Chine, contraintes à y suivre leurs clients. Parmi celles-ci :
[1] 1ère banque de Singapour, UOB, United Overseas Bank, cherche à racheter des parts de Fujian Bank (n°12). Son créneau, pour percer en Chine, serait la carte de crédit, que UOB maîtrise bien, à partir de sa base Hong Kongaise (30.000 usagers).
[2] 2 banques du groupe Mizuho stockent 1,67 MM$, pour prêter aux PME nippones en Chine. En tout autre secteur et vers tout autre pays, Mizuho réduit ses activités.
[3] Après avoir créé en sept.’02 la 1ère JV chinoise de consulting en investissements (09/02), Daiwa, N°2 du courtage au Japon, et Shanghai International (Entreprise d’Etat) négocient une JV de gestion de capital, dotée d’une 60aine de M$ (dont 1/3 à Daiwa).
[4] HSBC, Hang Seng et Bank of East Asia reçoivent le 1er feu vert (6/1) pour leurs e-bank – vecteur de 12 à 20% de leur chiffre global.
NB : 53 banques étrangères ont reçu la licence pour travailler en yuan. Fin oct 2002, les 181 étrangères établies en Chine, avaient 38MM$ de capital dont 34 prêtés, et 16% libellés en yuan.
Sommaire N° 2