Depuis mi-décembre 2002, le monde compte un 2d foyer de tension, en Corée/Nord, suite à sa décision de rouvrir le réacteur nucléaire de Yongbyon (5 Mw), et reprendre un stock d’uranium suffisant pour produire plusieurs bombes. De multiples rencontres ont suivi depuis, entre sud-coréens (1ers menacés), nippons, US, AIEA : tous les pays intéressés, sauf les nord-coréens, dont l’armée, la 4ème du monde (1M d’hommes) est en alerte maximale!
Le min. français des Affaires étrangères D. de Villepin était à Pékin le 9/1, après étape à Moscou, et avant de repartir pour Shanghai et Séoul. D. de Villepin venait comme (depuis 1er janvier 2002) Président du Conseil de Sécurité. Avec son collègue Tang Jiaxuan,il affirmait le souhait de négociations directes entre US et Pyongyang. Appel qui reflétait aussi l’avis de la Russie, de l’UE et de l’Asie, et qui fut entendu : dès jeudi, des émissaires nord coréens rencontraient un ex-gouverneur US à Santa Fe (USA), et vendredi 10, Bush et Jiang se coordonnaient par téléphone. Enfin, samedi 11, depuis Pékin, la Corée du Nord haussait les enchères,en se déclarant"affranchie du moratoire sur les tirs de missiles", conclu en ’94 !
NB : Entre de Villepin et ses hôtes, la coalition a tenu: il n’y a pas eu de désaveu des US, l’émissaire français a soutenu l’exigence US d’un «respect strict des règles du monde». Ce qui n’empêche derrière cette fermeté, la possibilité d’accommodements. Au-delà d’une inquiétude pour ses frontières, le problème de la Corée du Nord est la conjonction tragique de l’hiver le plus froid depuis 16 ans, d’un déficit en grain d’1Mt, et de l’émergence d’un autre «client prioritaire» pour l’aide alimentaire mondiale – l’Afghanistan…
Sommaire N° 2