Petit Peuple : Shenzhen-déposez votre mari!

— L’aventure qui suit démontre, s’il le fallait, que Shenzhen n’est vraiment pas une ville com-me les autres ! Un jour que Yu Qiuyu et sa femme Ma Lan, vieux résidents de la métropole cantonaise étaient sortis pour faire du shopping, il la fit entrer au 1er magasin venu. Au 1er rayon, il empoigna la 1ère robe, et sur ce commentaire péremptoire, “ça t’ira très bien”, la lui fit acheter sans même la regarder . Effacée (en apparence), en bonne chinoise, Ma le laissa faire. Mais de retour au foyer, elle étudia leur achat : d’une coupe extravagante, aux tons criards, la robe était  importable. Interrogé sur son comportement excentrique, Yu dut reconnaître qu’il avait ainsi cru écourter la corvée à bon compte : il haïssait faire les courses.

La suite est plus décoiffante : quelques mois après, un centre commercial ouvrant à Shenzhen, se mit à offrir un service inédit à la clientèle, un “dépôt des maris”, qui nourrit depuis lors une polémique passionnée à travers le pays. Avant de prendre son caddie ou de commander sa mise en plis, la bourgeoise méridionale y mène son conjoint, qui peut y lire, boire du thé, fumer ou admirer des oeuvres d’art – le lieu fait aussi galerie. C’est que Yu et Ma, écrivain et chanteuse d’opéra Huangmei, jouissent d’une célébrité nationale : suggérée par Yu, l’idée du dépôt des maris fut reprise avec enthousiasme par le directeur du centre, heureux d’offrir aux visiteurs 各得起乐 ge de qi le  “à chacun sa joie”. Seuls, trois groupes boycottent l’initiative : les femmes  妻管严 qiguanyan (qui portent la culotte) qui exigent de conserver à leur côté leur factotum-gratuit-porteur-de-paquets, les féministes poussant l’ombrageuse revendication de leur propre “dépôt” égalitaire, et les machos qui n’ aiment pas se voir laissés la laisse au clou, tel un vulgaire caniche. “Qu’à cela ne tienne”, conclut Yu, philosophe : “personne ne les force à venir”!

 

 

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