—Le 19/5, Référence-Jeunesse, hebdo du Parti publiait un “papier” affirmant qu’à Wuhan (Hubei), une étudiante sur 10 pratiquait l’amour vénal pour payer ses études,et qu’une sur 4 travaillait comme hôtesse dans des bars. Conclusions dérangeantes mais pas invraisemblables, et qui recoupent d’autres enquêtes du même type en d’autres provinces ces années passées. Mais l’autorité a décidé de faire l’exemple: 2 journalistes et un rédacteur en chef du Journal de la Jeunesse, la maison mère, ont été mis à pied. Cette péripétie évoque le malaise de la presse chinoise : la marge est étroite, entre la concurrence effrénée, l’effondrement des valeurs traditionnelles au profit l’argent, l’achat des plaisirs, la tentation de parler pour débrider la plaie (et vendre plus de copies), et celle de se taire pour ne véhiculer qu’une image positive (et fausse) du pays!
— Pour la 2nde fois en moins d’un an, une délégation du gouvernement tibétain en exil est à Pékin, menée par Lodi Gyari, représentant du Dalai Lama à Washington. Signe, à tout le moins, d’un intérêt réciproque à se parler, et d’un espoir d’entente. L’inconnue sur l’attitude future de Hu Jintao, pèse sur le dossier tibétain comme sur les autres. Hu connaît bien le Toit du monde, pour y avoir été Sécrétaire du PCC pendant 4 ans. Il pourrait avoir envie de trouver intérêt à normaliser avec le Dalai Lama, dans le cadre d’un plan global de redressement de l’image de la Chine. Même sans accord de fond, une visite du Dalai à Pékin et Lhassa aurait un retentissement considérable, et vu les signes persistants de réconciliation sur le terrain, le risque serait limité.
Le réchauffement est donc indéniable—mais pour autant, Pékin ne baisse pas sa garde : sur la visite des émissaires, dans les média, c’est le silence radio— au contaire, Guo Jinlong, actuel secrétaire du PCC au Tibet, encourage (19/5) les 2,6M de Tibétains à “poursuivre sans relâche le combat contre la clique du Dalai”!
Sommaire N° 19