A la loupe : Le Yen fait tousser le Yuan

La Chine a mal au Yen (la monnaie nippone) . Par deux fois, par deux instances différentes (le Ministre des affaires étrangères, la BPdC, 11-14 20/01), la Chine a appelé Tokyo a assumer une attitude responsable pour éviter la dépréciation des devises du reste de l’Asie. Qu’en est-il ?

Depuis septembre, le yen a baissé de 16%, atteignant 132Y/$. Pékin reproche au Soleil Levant de faire chuter sa monnaie sans l’avouer, « laissant jouer le marché en cas de baisse du yen, et achetant du dollar en cas de hausse » – la Banque Centrale nippone serait intervenue cinq fois en ce sens depuis l’automne. Le bénéfice étant double, relancer les exports et éradiquer la déflation – aux frais des voisins.

Les experts chinois remarquent que cette politique ne réglera pas les problèmes de fond de l’économie japonaise (mauvaises dettes, surcapacité), et pénalisera ses actifs en Chine. Ainsi, le n°1 des grandes surfaces Daiei, en quasi faillite, cède (gratuitement) trois supermarchés à Dalian et cherche acheteur pour 16, à Tianjin.

De l’avis d’analystes comme WestLB (Londres), pour l’instant, Pékin ne risque pas grand chose – sa compétitivité demeure intacte. La cote d’alarme de la dévaluation larvée du yen se situerait au-delà de 140Y/$. Par contre, Pékin avertit le Japon à l’avance contre un risque de nouvelle guerre commerciale, et se fait l’interprète de voisins comme Corée ou Malaisie, dont les produits sont plus proches, et le différentiel de compétitivité plus étroit : bonne opération diplomatique, qui ne coûte pas cher.

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