L’américain ETS gère trois tests mondiaux, TOEFL, GMAT et GRE, base d’évaluation des universités US et canadiennes pour recruter leurs étudiants étrangers. Le 21/2, ETS a intenté trois procès contre New Oriental School, (NOS) n°1 chinois du bachotage (ayant à son actif, 50% des étudiants chinois aux USA). Alerté par des notes «anormales», ETS accuse NOS d’avoir détourné et fourni à ses jeunes une partie des sujets d’exams – 3 descentes de police chez NOS, en 5 ans, ont permis la saisie de documents suspects.
NOS, d’autre part, a notoirement vendu "l’apparence du langage courant", en employant des stylistes anglo-saxons pour "ré-écrire" les candidatures. Cette école très prospère négocie avec ETS un accommodement hors tribunal, dont l’américain accepte le principe, car "il y a trop d’étudiants impliqués".
En effet: si NOS fermait, une quantité de clones apparaîtraient en son lieu et place, tant la demande en études expatriées est forte, surtout aux US, cible des 2/3 des étudiants chinois. En 1998/1999, la Chine est devenue le premier vivier d’étudiants étrangers des US, avec 51.000, (+8,6% sur 12 mois). Cette tradition d’expatriation pour études, re-monte en fait à 150 ans. Parmi les plus grands noms, figurent Sun Yatsen (US), Deng Xiaoping (France) et Jiang Zemin (URSS), qui une fois de retour, jouèrent des rôles pivots dans l’histoire de leur pays.
Aujourd’hui, cette migration pose un problème: des jeunes partis aux US entre 1978 et 1996, seuls 15% sont retournés. La fuite des cerveaux s’ajoute au fait que la Révolution Culturelle a privé le pays d’une génération d’universitaires.
La Chine manque de M d’économistes, médecins ou avocats. Pour enrayer l’hémorragie, le pays tente les recettes classiques: salaires élevés, permis de résidence dans les grandes villes… Mais en fin de compte, le meilleur appât, pour les jeunes expatriés, serait plus de réforme économique -et politique !
Sommaire N° 8