A la loupe : Grand Théâtre : Rideau rouge bientôt en place

La fosse somnolait au coeur de Pékin depuis mai 2000: elle va au plus tôt vrombir sous les machines, pour accueillir une autre fosse, celle d’orchestre: le Grand Théâtre National de Pékin a obtenu (28 novembre 2001) l’accord de la SDPC, mettant terme à 28 mois de débat local passionné: une coalition de citadins délogés, d’amoureux d’urbanisme aux grands toits vernissés et d’architectes âgés avait réussi à bloquer sine die le projet vainqueur de l’appel d’offre internationale, malgré la faveur de rien moins que Jiang Zemin et Zhu Rongji. Sous la griffe du parisien Paul Andreu (ADP-ingeniérie), cette voilure de verre et de titane et la forme de bulle dans un lac avaient fait peur, avec le corridor de verre sous-marin en hall d’entrée!

Il s’ensuivit vingt mois d’une double bataille, multipliant en surface les expertises, et en profondeur la persuasion des détracteurs. En sortira, une fois achevé, le plus moderne et emblématique complexe d’opéra au monde, 150.000 m² bâtis (pour 324 M$), multisalles (opéra, concert, théâtre, 5500 places) aux machineries et équipements au top de la technique -permettant à Pékin de réaliser ses hautes ambitions lyriques et musicales. L’ensemble ouvrira, sauf autres retards, mi-2004, au milieu de l’«Année de la France en Chine».

Début novembre, Andreu/ADP avait décroché à Pudong un autre contrat de prestige : le Centre oriental d’art, groupe de cinq structures abritant expositions, auditorium (2000 sièges), théâtre (1200), atelier musical (350), sur 40.000m², pour un coût de 120M$. Sans tarder, les volumes ont reçu des Shanghaiens un surnom bien dans l’air du temps, inspiré par leur forme de tasses : «bols de riz olympiques» !

 

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