La rentrée universitaire s’approche avec, pour les bacheliers de l’été, une excellente nouvelle: la promotion 2001 passe à 2,5M postes, contre 1M en 1998 soit 53% des candidats, à comparer aux 5% admis en 1977, année de réouverture des fac, après 10 ans de Révolution Culturelle. Le progrès est net, même si au bout du compte, seuls 2,4% des 280M de jeunes de 18-22 ans auront eu la chance d’obtenir un diplôme supérieur– une misère face aux besoins du pays !
L’enrôlement massif pèse sur les structures -hébergement, amphis… 1000 potaches à Beida (Université de Pékin) devront se loger hors du campus.
Beiwai (Université des langues) devra plancher même le dimanche. Pour faire face, les facultés doivent alourdir leurs tarifs: à Pékin, 600$/an en Lettres, 725$ en langues : lourd fardeau, dans un pays où le revenu urbain atteignait 758$/habitant en 2000… 40% de jeunes ont du mal à faire face. En réponse, le ministère a ordonné d’imputer 10% des droits d’inscription à des bourses, et d’annoncer un accès plus large aux prêts bancaires (sans garant), et aux emplois à mi-temps. A Changsha (Hunan), 38 forts-en-thème saisirent le taureau par les cornes, vendant à 13 firmes, à l’encan (960.00$), leurs compétences après le diplôme.
Mais telles exceptions ne peuvent cacher le fait que cette année comme les autres, plus d’un bachelier pauvre, la mort dans l’âme, devra renoncer à son rêve de diplôme, aux portes du paradis: au détriment de la croissance et de la collectivité – même des Cies expatriées, dont les cadres seront plus chers, et les clients solvables, plus rares!
Sommaire N° 29