Argent : un gazoduc frisant les 20MM$

· Les travaux du gazoduc Xinjiang-Shanghai commenceront en octobre 2001, au départ d’Urumqi. Suite à l’élargissement de la participation vers l’amont (prospection/extraction à l’Ouest), et l’aval (distribution génération d’électricité), trois consortiums étrangers sont en lice, Shell, BP et Exxon –les négociations sont avancées. On note l’absence probable de Total-Fina-Elf, n’ayant pas pu jusqu’alors boucler une offre. Enigme: Sinopec annonce (27/08) vouloir participer. C’est une irruption dans la chasse gardée (nord du pays) de PetroChina, n°1 qui semble pourtant «en fond», ayant réalisé 3,28MM$ de profits au 1er semestre (+18%). Intervention du Conseil d’Etat ? Manque de crédits (le projet complet est estimé à 15-18MM$)? Symptomatiquement, Sinopec et BP bouclent en même temps (30/08) un vieux projet de production d’éthylène en JV à Shanghai (50-50%, de $2,7MM$), coopé renforçant les positions des deux, qui sont aussi présents sur le gazoduc. Une chose semble sûre : au plan financier, tout reste à définir (on ignore même si le projet se définira en un, ou deux consortiums), et le tracé n’est pas entièrement défini. Dans ces conditions, la mise en service « en 2004 » n’est pas réaliste.

· Planant depuis des lunes en altitude, les marchés boursiers chinois chutent à leur tour. Sur 8 mois, les indices de Shenzhen et Shanghai ont perdu 12% (exprimés en $): moins que le Hang Seng (-25,5%), le CAC 40 (-20,9%), mais plus que le Dow Jones (-6,5%). Outre les raisons structurelles-mondiales (la chute en mai 2000 du Nasdaq à NY), la déprime chinoise trahit : Ê la multiplication des fraudes, les placements illégaux de fonds bancaires et les délits d’initiés tels celui de ‘999′, groupe pharma ex-militaire, dont les gros porteurs ont siphonné 302M$ de profits), Ë les mauvais résultats de valeurs-phare comme Konka, frappé par la mévente et la guerre des prix. Konka annonce (28 août 2001) ses 1ères pertes sèches en 21 ans, – 23M$ en jan-juin. Ce marasme fait une victime, Sinopec, dont l’introduction au marché « A » (réservé aux chinois) s’est mal comportée. Avec 1,4MM$ et 2,8MM parts, il s’agissait du record national, promis à une hausse de 40% au 1er jour. Or cette part Sinopec, qui entre pour 15% dans l’index composite de Shanghai, n’a monté que de 3,3% le jour d’émission (8/08), à 4,22Y pour planer ensuite sous ce prix (3,96Y, le 27/08). Idem, Baosteel est passé sous son prix d’introduction le 27/8. Mauvaise nouvelle pour Petrochina, qui prévoit elle aussi son entrée au marché «A ». Il est vrai qu’une telle phase peut être salutaire, pour enrayer les deux défauts congénitaux du système -la fraude des grands acteurs, et l’optimisme des petits.

· Percluses de mauvais prêts (pour 30% à 50% de leur capital), les quatre banques d’Etat (ABC, BOC, CCB, ICBC) ont du mal. Les nouvelles venues s’en tirent mieux: Minsheng, Shenzhen Development Bank, et Pudong Development Bank voient leurs profits du 1er semestre 2001 monter de 90%, 60% et 7%. Seule banque privée, Minsheng doit sa croissance aux prêts -bien préparés et presque intégralement remboursés- aux PME assoiffées de crédits, barrées auprès des banques publiques. Autre succès: la BdComm, banque à thème, de création récente, active dans un secteur en forte croissance et jusqu’alors profitable : BdComm engrange 3,14MM$ au 1er semestre soit +50% qu’en 2000. BdComm a reçu son feu vert pour vendre 15% de ses parts à «au moins deux» institutions étrangères, pour se renforcer avant l’OMC. Citibank est sur les rangs -dont Citigroup, sa maison-mère, vient de reprendre 50% du capital de Japan Nikko Trust pour $83M.

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